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À voir sur Netflix : « Drôle » de Fanny Herrero, rire salvateur

  • Cannelle Anglade
  • 2022-03-28

Sans artifices, Fanny Herrero met en scène une jeunesse française avide de mots, lancée dans un inflexible élan vers le stand up.

Première création de la showrunneuse pour Netflix, Drôle s’est hissé, dès sa sortie sur la plateforme vendredi dernier, au rang de hit populaire. La première saison en six épisodes suit les aventures de quatre jeunes gens fougueux et déterminés, évoluant dans le milieu du stand up à Paris.

Au « Drôle », club créé par Bling (Jean Siuen) – jeune humoristique ayant perdu sa superbe à la suite de plusieurs écarts de conduite stimulés par la drogue – les sketchs se succèdent sous le regard oppressant du producteur, qui guette le rire à chaque respiration des artistes.

Fanny Herrero introduit rapidement un récit choral énergique, où l’on croise Aïssatou (Mariama Gueye), mère de famille qui se débat pour exister dans un monde où tout n’est que sacrifice et concurrence, au dépend de la vie affective, mais aussi un tandem amoureux très romanesque, formé par deux interprètes à l’énergie folle : Nezir (Younès Boucif) et Apolline (percutante Elsa Guedj). Nezir vit avec un père clownesque dans un minuscule appartement de banlieue tandis qu’Apolline cohabite avec une mère maniaque dans un hôtel particulier.

Tout dans la mise en scène oppose et oppresse ce binôme. Ils ne font que se croiser, apparaissent subtilement en arrière-plan d’une séquence consacrée à l’autre. Nos Roméo et Juliette 2.0 tenteront de se rejoindre par le pouvoir de la verve, seule l’estrade du club de stand up ayant le pouvoir de les sortir de leur environnement social.

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Là où la série pourrait chercher à combler ses spectateurs en leur dévoilant les coulisses d’un monde séduisant, elle nous confronte à une réalité bien plus dure. Avec légèreté, la série dresse un constat terrible du show business français et de son insidieux racisme. Le clivage systématique entre les milieux sociaux est pointé sous les apparences, et inspirent les blagues les plus décomplexées à la joyeuse troupe.

La jeunesse française est ainsi dépeinte dans une course à la montre pour sa survie sociale et financière, tandis que les problématiques liées au couple, à l’amitié ou encore à la féminité sont abordées avec une honnêteté parfois brutale, mais qui fait du bien.

Afin d’être drôles, les jeunes standuppeurs doivent d’abord se rendre vulnérables pour, comme l’explique Bling à travers cette formule qui résume bien le travail de l’humour, « transformer la merde en or ».

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Image: Younès Boucif et Elsa Guedj dans Drôle © Mika Cotellon/Netflix

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