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À voir sur mk2 Curiosity : « Quelqu’un d’extraordinaire » de Monia Chokri

  • Cannelle Anglade
  • 2022-04-29

« Babysitter » le deuxième long métrage de la cinéaste québécoise est actuellement en salle. Mk2 Curiosity vous fait découvrir son drolatique premier court, disponible jusqu’au 5 mai.

Sarah (géniale Magalie Lépine-Blondeau), une jeune adulte quelque peu déphasée, se réveille dans une maison de banlieue inconnue après une nuit de beuverie. Alors qu’elle tente de rassembler ses souvenirs, elle est embarquée, contre son gré, dans l’enterrement de vie de jeune fille d'une de ses amies, qui part divinement en sucette.

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Quelqu’un d’extraordinaire, réalisé en 2013 par l’actrice (Les Amours imaginaires) et réalisatrice (La femme de mon frère) Monia Chokri, a raflé une quinzaine de prix en festivals.

La cinéaste convoque son sens certain du burlesque dans ce court-métrage qui nous emmène dans les affres des amitiés de longue date. Entre les galères du doctorat et les questions existentielles qui vont avec, Sarah est de ces jeunes adultes que l’on dit inadaptés, peu préparés à affronter seul la dure réalité du monde.

Le montage (réalisé par Xavier Dolan) manifeste cette perdition, en soubresauts d’images argentiques – le film est tourné en 16 mm –, de courts et rapides zooms accentuent la désorientation de Sarah, qui, arrivée à la bachelorette party, met les pied dans le plat.

La dispute éclate et la vérité se révèle cruelle. Dans l’hypocrisie générale, un dialogue de sourd a lieu et c’est dans une atmosphère atrocement girly que Monia Chokri nous offre une compilation savoureuse de crêpage de chignon. Les martinis n’aidant pas, tout dialogue est lancé comme une attaque et nous sommes témoins de révélations relevant de la haute trahison (la demoiselle d’honneur couche avec le futur époux de sa meilleure amie), mais aussi de piques désobligeantes (« Le extra-small, ça te boudine ») qui provoquent les cris les plus aigus chez les copines de Sarah.

C’est une ambiance presque surnaturelle qu’instaure ici Monia Chokri, tant la notion de gravité échappe aux personnages secondaires, qui semblent sortis tout droit d’une planche de Claire Bretécher. La cinéaste reprenait les mêmes thèmes dans son premier long La femme de mon frère, chroniques de jeunes adultes un poil perdus, qui paradoxalement, sont habités par une vitalité folle.

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Le petit rôle campé par Anne Dorval (Mommy), véritable moulin à paroles, de la buée plein les lunettes, est précieux. Dans un épilogue onirique, la neige a envahi le bureau de Sarah qui avait laissé sa fenêtre entrouverte. C’est l’hiver à Montréal et un message collecté par son répondeur, va finalement mettre fin à son mal-être. Monia Chokri cache la résolution dans un détail, et c’est également là que réside son génie.

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