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À voir sur mk2 Curiosity : « L'île aux oiseaux » de Sergio da Costa et Maya Kosa

  • Cannelle Anglade
  • 2022-05-13

Sorti en 2019 et présenté au Festival de Locarno dans la section Cinéastes du Présent, le poétique film du duo Suisse, à la lisière entre docu et fiction, est à voir sur la plateforme jusqu’au 19 mai.

L'île aux oiseaux signe la troisième collaboration entre Sergio da Costa et Maya Kosa après le court-métrage documentaire Au bains de la reine (2012) et le long Rio Corgo (2015). Les deux cinéastes se sont rencontrés à la HEAD de Genève et imaginent, dans ce film empreint d’un onirisme certain, un malicieux croisement entre réel naturaliste et éléments narratifs purement fictionnels.

Antonin (Antonin Ivanidze), un garçon timide et atteint d’une fatigue chronique qui l’a longtemps tenu éloigné d’une quelconque vie sociale intègre le Centre ornithologique de réadaptation de Genthod à Genève. Dans ce lieu reculé où l’on soigne les oiseaux blessés, Antonin rencontre Paul (Paul Sauteur), qui le forme avant de prendre sa retraite. Une amitié pudique et intergénérationnelle se tisse alors entre le vieil homme rodé et le jeune endormi.

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Par une mise en scène apaisée, qui prend le temps de s’attarder sur tous ses protagonistes, animaux y compris, Sergio da Costa et Maya Kosa dressent un parallèle entre le comportement des oiseaux et celui des humains. La santé des volatiles serait alors un reflet de celle du monde extérieur. Si l’oisillon meurt dans la Nature c’est parce qu’il doit évoluer dans un environnement qui n’est plus fait pour lui. 

La métaphore ne s’arrête pas là, puisqu’Antonin – ce drôle d’oiseau taciturne arrivé récemment au centre – est filmé de la même manière, lui aussi a besoin d’un refuge, qu’on prenne soin de lui pour retrouver ensuite le dehors. Sa voix, en off, est lente et désinvolte, presque tremblante. Un constat tombe : « Certains oiseaux revenaient au centre. Ils préféraient la sécurité à la liberté du monde sauvage. »

En retenant le regard du spectateur sur de petites créatures précieuses et délicates, le film raconte la fragilité de l’existence, dans un lieu où la vie et la mort se croisent constamment. L’extrême délicatesse avec laquelle les vétérinaires s’occupent des oiseaux envoute. Quelques incursions poétiques, dans des séquences hors du temps de la narration, où les animaux sont filmés en vision nocturne thermique, s’ajoutent méticuleusement au sous-texte de L’île aux oiseaux. En partant d’un propos pourtant violent (ostracisation, maladies), les deux cinéastes réalisent un film doux et épicurien.

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