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À voir sur OCS : un cycle de films indépendants pour découvrir l’Amérique autrement

  • Trois Couleurs
  • 2020-10-06

Ce mois-ci, OCS propose une prodigieuse sélection de films indépendants, qui mettent en lumière les marginaux aux États-Unis, ceux que l’on entend pas d’habitude.  De quoi éclairer nos soirées, en nous plongeant dans l’intensité de formidables rencontres humaines. Focus sur nos cinq films préférés.  

The Florida Project – Dès le dimanche 25 octobre à 20h40

Sean Baker, qui avait réalisé en 2015 le formidable Tangerine (également disponible sur la plate-forme OCS), délaisse l’esthétique « rough » de son premier film tourné à l’iPhone dans les rues de Los Angeles, pour dépeindre avec une douce amertume l’errance d’une Amérique oubliée, bloquée dans des Motels à bas prix à la lisière des parcs Walt Disney. Les couleurs vives des bâtiments sont tout ce qu’il reste ici de la joie du parc à thème, qui n’est plus qu’une version figée, désuète de lui-même. Seule impulsion de vitalité au milieu de cet environnement sclérosé : une bande de gamins, portée par la très jeune Moonee (jouée par l’actrice Brooklynn Prince, dont la performance est criante de sincérité), qui trompe l’ennui et l’absence des parents en faisant les 400 coups. Sean Baker nous invite à les rejoindre et embrasser leur tendre errance, ce qui n’est en ce moment, avouons-le, pas digne d’être refusé.

Le film avait été nommé à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 2017.

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What You Gonna Do When the World’s on Fire? – À la demande

Le documentariste Roberto Minervini, dont la virtuosité pour filmer les marges n’est plus à prouver depuis The Other Side (2015), dans lequel il filmait un couple de toxicomanes, nous livrait en 2018 un impressionnant documentaire sur une communauté noire de la Nouvelle Orléans, sur laquelle pèse encore la blessure du meurtre d’Alton Sterling à Bâton Rouge en 2016, jeune Afro-Américain tué par deux policiers blancs. À travers un noir et blanc aussi incisif que superbe, une mise en scène à couper le souffle, Minervini sublime et met en lumière ces coins qui d’habitude inspirent le désenchantement, et magnifie leurs habitants qui tentent de faire entendre leur voix contre un racisme de plus en plus agressif. Plus que jamais d’actualité.

Ce documentaire avait été sélectionné à la Mostra de Venise en 2018.

À LIRE AUSSI: What You Gonna Do When The World’s On Fire? de Roberto Minervini : l’Amérique qui brûle

Pahokee – À la demande

Véritable concentré d’espoir et de liberté, ce premier long-métrage documentaire réalisé par la réalisatrice brésilienne Ivete Lucas et son compagnon américain Patrick Bresnan (ils avaient tourné le court-métrage documentaire The Send-Off cinq ans auparavant, et avait alors remporté un prix et de nombreuses nominations) nous immerge littéralement dans le quotidien de quatre jeunes adolescents à une période cruciale de leur vie : la sortie du lycée et l’obtention du diplôme. Jocabed, jeune mexicaine qui a migré aux États-Unis avec ses parents à l’âge de trois ans, BJ, capitaine de l’équipe de football américain, Junior, batteur dans la fanfare, autant de destins que nous suivrons jusqu’à ce moment symbolisant le passage à l’âge adulte. Si certains plans du films peuvent paraître prévisibles (en adhérant à l’imagerie un peu trop bien connue des Highschool américains), on en sort avec une grande bouffée d’optimisme.

Long way home – Dès le dimanche 18 octobre à 22h40

Sorti en 2018, le premier long-métrage de l’actrice américaine Jordana Spiro (connue pour son rôle principal de la série The Mob Doctor sur HD1) narre l’errance de la jeune Abby, campée par l’actrice Dominique Fishback (connue pour ses rôles dans les séries télévisées Show me a Hero et The Deuce) qui, sortant tout juste de prison, retrouve sa soeur Abby (Tatum Marilyn Hall) et la convainc de la suivre dans un périple afin de confronter leur passé. Ce parcours initiatique nous plonge au coeur de la relation des deux frangines, avec leurs différends mais également leurs moments de joie. Portée par la performance impressionnante des deux très jeunes actrices, la mise en scène du film, toute en sobriété douceur et retenue, est confondante de sensibilité. Un très beau premier film à fleur de peau qui mérite le coup d’oeil.

If God is Willing and da Creek Don’t Rise – À la demande

Faisant suite à son incroyable documentaire sur l’ouragan Katrina de 2006 (certainement le témoignage le plus poignant sur la catastrophe de 2005 en Nouvelle-Orléans, également disponible sur OCS), le réalisateur culte Spike Lee (Malcolm X, La 25e heure, BlacKkKlansman: J’ai infiltré le Ku Klux Klan) se rend à nouveau sur les lieux du drame, quatre ans plus tard, pour If God is Willing and da Creek Don’t Rise. Désireux d’observer si l’État a bien tenu ses promesses quant à la reconstruction et à l’aide amenée aux sinistrés, Spike Lee rendra compte, au travers de plus de 300 témoignages (comme, par exemple, celui de Terence Blanchard, musicien de Jazz, Mitch Landrieu, maire de la Nouvelle-Orléans jusqu’en 2018, ou encore Sean Penn, acteur) du sublime espoir, de l’incroyable force d’habitants dont l’existence a pourtant été profondément entachée. Un film profondément engagé, qui n’hésite pas à dénoncer ouvertement l’abandon des pouvoirs publics envers les habitants malgré la situation catastrophique.

À voir absolument.

 

Image: Copyright Condor Distribution

Cameron Guyot

 

 

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