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À lire en ligne : le nouveau TROISCOULEURS avec en couv’ le furieux Climax de Gaspar Noé

  • Trois Couleurs
  • 2018-09-03

ÉDITO : Réunis dans une salle de répétition perdue dans la neige, des danseuses et danseurs s’entraînent et papotent en sirotant une sangria… La première partie du nouveau film de Gaspar Noé est tout entière aspirée dans l’énergie de la danse saisie par la caméra virtuose (et fière de l’être) du cinéaste italo-argentin. Sous un grand drapeau bleu, blanc, rouge pailleté tendu au fond de la pièce, ces jeunes gens sublimes, de toutes formes et couleurs, sont lancés ensemble dans une chorégraphie démente d’arrogance et de plaisir, comme si tous ces corps finalement n’en formaient qu’un, puissant et mystérieux. L’émotion qui nous étreint quand on les regarde, pourtant statiques et seuls au fond de notre fauteuil, vient de leur façon joyeuse d’être ensemble, de cette transe collective que l’on voudrait rejoindre.

Mais chez Noé, l’harmonie est toujours de courte durée. Quelqu’un a mis de la drogue dans la sangria, et la fête vire au jeu de massacre : le groupe se disloque, laissant sur le carreau une poignée de pauvres hères solitaires qui se détruisent et se contorsionnent. Cette seconde partie est un peu douloureuse, car en renonçant à sa belle utopie collective, on sent bien que le film parvient à saisir quelque chose du chaos de l’époque. Mais elle est aussi parfaitement jouissive, grâce au mauvais esprit propre au cinéma de genre et à l’humour noir (certes un peu bourrin) que Noé y infuse en ricanant. Juliette Reitzer

 

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