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3 questions à Jonathan Littell, réalisateur de « Wrong Elements »

  • Trois Couleurs
  • 2017-03-22

Jonathan Littell, auteur des Bienveillantes (les mémoires fictives d’un ancien officier SS, prix Goncourt 2006), suit d’anciens enfants soldats de l’Armée de la résistance du Seigneur (LRA), mouvement de rébellion ougandais formé par Joseph Kony à la fin des années 1980. Quatre jeunes qui ont passé leur adolescence à piller et à tuer mais aussi à être violentés et torturés. Vingt-cinq ans plus tard, le journaliste franco-américain vient recueillir leur témoignage.

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La question de l’endoctrinement des enfants soldats est toujours très actuelle… 
Ça fait évidemment écho aux pratiques de Daech, mais le phénomène n’est pas nouveau : en France, la conscription, effective de la fin du XVIIIe siècle jusqu’aux années 1990, fonctionnait sur le même principe. On envoyait des jeunes hommes tuer et se faire tuer sans leur demander leur avis.

Pourquoi avoir choisi de filmer en 4/3, un format d’image proche du carré ?
On a décidé de prendre le contrepied de la vision traditionnelle très kitsch de l’Afrique « National Geographics » – filmée en Scope, avec des couleurs pétantes, au son des tam-tams. On a choisi ce cadre carré, un étalonnage désaturé avec des ciels très gris, et de la musique baroque.

Pourquoi recourir à la reconstitution en emmenant les ex-soldats sur le lieu des massacres ?
Claude Lanzmann a institué dans son documentaire Shoah ce principe de mise en situation, pour libérer la parole des victimes qui avaient des blocages. C’est toute la mémoire verbale – mais aussi la mémoire physique, des gestes, des corps, des lieux – qui resurgit. Propos recueillis par Raphaëlle Simon

 

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