
Matt Hagen (Tom Rhys Harries) est un comédien à gueule d’ange à qui tout sourit, quand un malfrat le défigure avec un couteau. Toute sa carrière s’écroule, mais heureusement il trouve une scientifique qui lui injecte des nanocellules qui soudainement réparent ses tissus.
Seulement son visage peut s’affaisser sans prévenir jusqu’à devenir monstrueux. Le joli visage de Matt ressemble alors à une toile grimaçante de Francis Bacon ou à un personnage cronenbergien à vif et couleur chair.
Sa peau fond en fait comme une vieille pâte dès que ses sentiments deviennent trop forts. Peu à peu, l’acteur reprend la maîtrise de ses émotions, et malaxe cette glaise comme bon lui semble, jusqu’à pouvoir incarner qui il veut.
Le film devient alors une version horrifique de The Mask (parfois tout aussi cartoonesque mais beaucoup plus inquiète) dans lequel Matt devient l’acteur ultime, jouant la comédie pour assouvir sa vengeance contre ceux qui l’ont mutilé et contre l’industrie du cinéma qui l’a laissé tomber.
Clayface vise moins les diktats de beauté et de jeunesse auxquels sont soumis les actrices (comme dans The Substance de Coralie Fargeat qui parlait du temps passant sur le visage des interprètes) qu’un milieu du cinéma mis à l’épreuve à l’ère de la post-vérité. Quels masques renvoient les acteurs et actrices aujourd’hui ?
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Toute interprétation au théâtre ou cinéma est-elle monstrueuse au sens où un.e acteurice fait corps avec son personnage ? Et surtout ne vaut-il pas mieux croire à cet état mutant et très organique de l’incarnation, aussi dangereux soit-il, plutôt qu’aux fausses performances IA qu’on voit de plus en plus tourner ? Toute interprétation au théâtre ou cinéma est-elle monstrueuse au sens où un.e acteurice fait corps avec son personnage ? Et surtout ne vaut-il pas mieux croire à cet état mutant et très organique de l’incarnation, aussi dangereux soit-il, plutôt qu’aux fausses performances IA qu’on voit de plus en plus tourner ?

Clayface anticipe un autre traité de l’acteurice prévu pour la fin de l’année : The Debut de Jesse Eisenberg. Dans cette comédie musicale, le personnage de Julianne Moore en mode actor’s studio va jusqu’au bout de son personnage, jusqu’à peu à peu devenir celui-ci. Les deux films affirment la foi inflexible des interprètes dans leur art. On se plaît nous aussi à continuer d’y croire.
