
L’Épouvantail du Magicien d’Oz (Victor Fleming, 1939)
Première rencontre de Dorothy dans le mythique film Le Magicien d’Oz, l’Épouvantail broie du noir, persuadé d’être bête à manger du foin. Il rêve d’avoir un cerveau. Pourtant, il fait montre d’ingéniosité pour sauver ses nouveaux amis durant son périlleux voyage. Valorisé par le collectif, l’Épouvantail acquiert non pas l’intelligence, qu’il avait déjà, mais la conscience de sa propre valeur. Il symbolise la quête de la confiance en soi et l’importance de l’amitié.
Jack dans L’Étrange Noël de monsieur Jack (Henry Selick, 1994)
Silhouette squelettique au nœud papillon en chauve-souris, créé par Tim Burton dans les années 80, Jack Skellington est un épouvantail surnommé « le roi des citrouilles », en charge de la fête d’Halloween. Derrière ses facéties, Jack se morfond en chanson de n’inspirer que la peur à ses congénères. Ce grand mélancolique représente la solitude des personnes marginales qui ne rentrent pas dans le moule. Heureusement, il trouve la poupée désarticulée de ses rêves en la personne de Sally.
L’épouvantail de Pearl (Ti West, 2022)
Hommage horrifique au Magicien d’Oz, Pearl suit la trajectoire d’une jeune femme coincée dans sa ferme au Texas par une mère stricte et un père dont elle est l’aidante forcée. Un après-midi, Pearl s’octroie une danse avec l’épouvantail de la ferme (au même bout de nez noirci que celui du Magicien d’Oz), avant de l’emballer et de le chevaucher jusqu’à l’orgasme ! L’épouvantail illustre très littéralement sa frustration sexuelle, mais aussi sa grande solitude et son sentiment d’être piégée.
Navet dans Le Château ambulant (Hayao Miyazaki, 2004)
Avec son chapeau haut-de-forme et son nœud papillon bleu, Navet (surnommé ainsi en raison de la forme de sa tête) est l’élégance faite épouvantail. C’est un personnage attentionné et bienveillant, proche de celui du Magicien d’Oz. Navet convoque l’émerveillement et la poésie de l’enfance. Comme Sophie, changée en vieille dame, il a été transformé par un mauvais sort et est en réalité un prince. Le personnage souligne la nécessité de voir au-delà des apparences.
Le « mari osier » de Wicker (Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson, 2026)
L’épouvantail serait-il l’homme idéal ? Les hommes ont en tout cas des choses à apprendre de lui ! Dans cette irrésistible comédie romantique médiévale, une pêcheuse moquée par son village commande un homme en osier à l’artisan du coin. Prenant les traits d’Alexandre Skarsgård, cet « époux osier », qui n’a pas été biberonné au patriarcat, se révèle très attentionné, aussi bien au lit qu’au quotidien. La romance sensuelle et subversive fait rager tout le village hétéronormatif. Cet épouvantail-là montre la voie d’une masculinité déshabillée de ses oripeaux toxiques.