
Dans Digger d’Alejandro González Iňarritu, un Tom Cruise comme on ne l’a jamais vu incarne nul autre que l’homme le plus puissant du monde, qui commet une grosse bourde mettant en péril l’humanité. L’action man des Mission Impossible pourrait remporter son premier Oscar avec cette performance pour laquelle, pour notre plus grand plaisir, il en fait des caisses.
Vieilli, chouchoutant un chat presque mort, Tom Cruise ravit avec sa prestation boursouflée ridiculisant la comédie du pouvoir. Comme à son habitude, Tom Cruise joue habilement de son corps, aussi alourdi qu’éructant. La dernière fois, qu’on avait vu l’acteur aussi décomplexé dans la caricature, ça remonte, c’était dans Tonnerre sous les tropiques (2008) de Ben Stiller. Il y incarnait le cule Les Grossman, un producteur sans boussole morale, gros cigare et big dollar en or autour du cou. On se souvient avec émotion de sa danse dégoulinante sur du Ludacris qui ouvrait le film.
L’acteur se moquait aussi de sa propre légende de cascadeur hors-pair au début d’Austin Powers Goldmember (2002), dans lequel il s’incarnait lui-même incarnant Austin Powers dans une sorte de simili-Mission Impossible avec plein d’explosions random. En fait, on adore quand Tom prend la tangente et profite de sa physicalité pour explorer l’humour. Ça peut être en guest star dans des films, mais parfois même ses petits moments à la télé nous suffisent. Le voilà dans un lipsync légendaire sur The Weeknd. Il nous fout des frissons.

Ça nous fait penser aux touts débuts de sa carrière, dans Risky Business (1983). Tom était déjà un pur danseur, qui n’a rien à envier à John Travolta. Mais même dans ses rôles les plus conventionnels, il y a toujours une bonne dose d’autodérision chez Tom Cruise. Exemple avec Top Gun : Maverick (2022), et cette scène de plage qui exalte tout l’homoérotisme contenu, qui ne disait pas son nom, dans le premier volet. Tom et ses recrues s’en donnent à cœur joie, et on aime ça. Alors, Tom, s’il te plait, digge encore un peu plus ce pan plus foufou de ta carrière. Tu vas l’avoir, l’Oscar, en tout cas pour 2027 tu es notre wing man.