
La Petite Tempête, Jules Morlon
Diagnostiquée atteinte d’un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, Célia, 10 ans, est dans la lune. Sa mère lui donne alors des médicaments. Les progrès sont salués, mais la voilà silencieuse, et sa passion pour le dessin laisse place à des feuilles blanches. Un jour, Célia décide sans en parler de suspendre son traitement… Aidé par ses actrices talentueuses, Jules Morlon filme avec sensibilité et à hauteur d’enfant une relation mère-fille tendrement imparfaite.
La Fuite, Eva Krivitzky
Deux ami·e·s en voiture, en direction d’une rave : ancien consommateur de drogues, Zoï se confie sur sa peur de replonger. Arrivé sur place, il se laisse porter par la techno et l’électro. Eva Krivitzky signe ici le portrait d’une jeunesse affranchie, à rebours de la diabolisation du milieu des raves. Le titre, qui ponctue le film à plusieurs reprises, prend tout son sens dans la conclusion, sur une image très belle de feu d’artifice.
Auto Otage, Karyna Bielova
Ukrainienne exilée à Paris, Karyna Bielova fait son autoportrait : blessée au dos et le cœur en Ukraine, elle devient l’otage de sa peine. On aime l’audace formelle de ce court en noir et blanc, au montage dynamique, où voix off et images brutes s’entrechoquent pour dire comment la douleur du corps comme la mélancolie du pays rongent l’esprit.
It’s Only Sex, Elliot Nicolas
Et si la honte devenait plus difficile à porter que la maladie ? Dans un groupe de parole sur le VIH, un jeune homme séropositif et hétéro repousse les avances d’une participante. Quand il la recroise pendant une aventure avec une autre femme, la honte le pousse à mentir. Elliot Nicolas rappelle que le VIH fait encore partie de notre société et interroge la place de la maladie dans les relations amoureuses.
SOPHI.A., Gustave Pelletier et Dennis Sharganov
Dans cette fiction d’anticipation aux accents dystopiques, qui rappelle Huxley et Orwell, les dérives de l’IA obligent Maxime, désespérément amoureux de Joséphine, à un choix cornélien : renoncer à ressentir ou s’autoriser à souffrir par amour. Gustave Pelletier et Dennis Sharganov portent cette question intemporelle à l’écran avec des effets numériques audacieux (écrans multipliés, applications futuristes qui mesurent les performances humaines, corps digitalisés…).
