NOUVELLE STAR · Jane Beever, irrésistible révélation de « Adieu monde cruel »

À tout juste 20 ans, la comédienne anglo-belge irrigue de sa fougue Adieu monde cruel, long métrage spleenétique de Félix de Givry où elle trouve son premier grand rôle. Portrait de cette férue d’histoire(s), qui traverse les époques toute de grâce vêtue.


Jane Beever
Julien Liénard pour TROISCOULEURS

Les yeux rêveurs puis, soudain, l’air frondeur, on la dirait échappée d’une toile de Dante Gabriel Rossetti, ce peintre préraphaélite britannique aux héroïnes insaisissables. Formée au théâtre en Belgique, Jane Beever enchaîne quelques petits rôles en anglais avant de donner à Léna, la collégienne normande qu’elle campe dans Adieu monde cruel, une impétuosité irrésistible, capable d’embarquer dans sa fureur de vivre Otto (Milo Machado-Graner), l’ado qu’elle cache dans l’hôtel de sa mère après qu’il a tenté de s’ôter la vie. « J’étais déjà emportée par le scénario en suivant Otto, mais, quand Léna est apparue, j’ai eu le sentiment immédiat de la connaître, de la comprendre. Et puis, en passant le casting, j’ai senti très viscéralement que si je n’avais pas ce rôle, je ne m’en remettrais jamais. »

De leur passion fulgurante, les deux jeunes héros semblent aussi ne pas pouvoir se relever, comme électrisés par le souffle amoureux et la possibilité de disparaître, d’être quelqu’un d’autre. Des motifs chers à Jane Beever – abreuvée, pour le rôle, de références comme À bout de course de Sidney Lumet (1988), La Fièvre dans le sang d’Elia Kazan (1962), Buffalo 66 de Vincent Gallo (1999) ou encore Licorice Pizza de Paul Thomas Anderson (2022) –, qui trouve dans le jeu un espace où consumer son goût dévorant pour les récits en tout genre. « Que ce soit à l’écrit ou en images, si je suis prise par ce qu’on me raconte, alors mon cœur appartient entièrement à l’histoire. » Installée à la campagne, cette passionnée d’histoire britannique étudie la biologie et la médecine et ponctue son quotidien de balades en famille, de course à pied et de sessions pâtisserie. Un cocon qu’elle quittera un temps pour rejoindre la réalisatrice Mia Hansen-Løve, qui lui a offert un rôle aux côtés de Renate Reinsve dans If Love Should Die, sur les dernières années de la pionnière du féminisme Mary Wollstonecraft.

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Adieu monde cruel de Félix de Givry, Diaphana (1 h 33),

sortie le 9 septembre

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