
Dr. Poppers d’Arthur Morard
Le cinéaste transforme la ville de Clermont-Ferrand comme autrefois Jacques Demy avec Les Parapluies de Cherbourg –mêmes tons rose et vert furieux, même bleu nuit post-pluie mélancolique. Sauf que la queerness latente chez Demy explose ici à travers cette épopée romantique, drôle et espiègle (on y croise Mami Watta, Babouchka Babouche ou Judas Morningstar) naissant d’une rencontre Grindr entre un Parisien odieux (Ruben Badinter) et un Clermontois flippé (Adib Cheikhi) qui ingère une goutte de poppers – ici l’élixir pour voir la vie plus belle.

I Want My People To Be Remembered d’Hélène Giannecchini
L’autrice avait déjà, plus tôt dans l’année, consacré un livre (Un désir démesuré d’amitié) et une expo au Bal à la photographe Donna Gottschalk, dont l’œuvre intimiste documente la vie lesbienne états-unienne des années 1960-1970. Ce film, qui adjoint aux photos de cette dernière des enregistrements sonores (via des cassettes qu’on s’envoyait comme aujourd’hui des vocaux sur tout et rien), constitue une force d’incarnation puissante et essentielle à cette mémoire queer enfouie.

Un peu plus d’action d’Alexis Beaumont
En une minute chrono, le cocréateur de la série Les Kassos [8 saisons à partir de 2013]anime une manifestation fictive et abstraite en se référant à l’imaginaire du foot, comme si c’était un affrontement sur le terrain. Et dépeint les violences policières en illustrant l’imaginaire brutal, exaltant l’action et le spectaculaire, de ceux qui les commettent.