
Filippo Scotti vient exprès de Rome pour notre shooting, quelques jours avant qu’il n’ait plus 25 ans – ouf, il est encore temps. L’acteur, qui a grandi à Naples et parle un français parfait (récemment, il a aimé le roman Confession de minuit de Georges Duhamel), commence par faire du théâtre avant de passer quelques castings. Il bouge à Rome et finit par percer au cinéma grâce à La Main de Dieu, dans lequel Paolo Sorrentino raconte sa jeunesse napolitaine.
Sa prestation est récompensée par le Prix Marcello-Mastroianni (meilleur espoir) à la Mostra de Venise 2021. « On a tourné juste après le premier confinement. On était soucieux, et, en même temps, il y avait une grande humanité. »

Dans J’oublierai ton nom de Yann Gonzalez, il incarnera un jeune homme en fuite, « tendre, presque angélique, qui croit à l’amour ». Et dans À la faveur du roi de Rémi Giordano, il jouera avec Félix Kysyl l’un des prétendants du roi Henri III (Théodore Pellerin). Si l’acteur paraît inquiet de la situation du cinéma dans l’Italie de Georgia Meloni (« Le gouvernement n’aide pas du tout. »), il se sent porté par des œuvres qui remuent les consciences – il loue, par exemple, Tardes de soledad d’Albert Serra. « On en sort en se disant qu’on en est là, dans le monde : toute cette violence arrive et on est anesthésiés. Ce film m’a beaucoup touché. » Sûr que ses prochains rôles sauront tout autant nous bouleverser.
