Dans le superbe Les Bienheureux de Sofia Djama qui, des hauteurs d’Alger, ausculte l’Algérie meurtrie quelques années après la fin de la guerre civile, l’actrice incarne Feriel, une jeune fille conjurant son passé et son quotidien plombant par une vitalité de feu.


Comme son personnage, la brune au regard noir ne se départit pas de son sourire, même quand elle évoque une histoire troublée : « Je suis née à Alger en 1992, au début de la “décennie noire”. À l’époque, les intellectuels étaient menacés de mort. Comme mon père est journaliste, on est venus en France. » Après des études de cinéma à Paris 8, elle intègre l’association 1 000 visages créée par la réalisatrice de Divines, Houda Benyamina, qui initie des jeunes au cinéma et au travail d’acteur. Quand elle passe le casting des Bienheureux, le scénario lui procure un choc physique. « Je me suis dit direct : “C’est Alger, il me faut ce rôle.” C’était trop proche de ce qu’il y avait dans mon cœur. » Dans le mille.


« Les Bienheureux » de Sofia Djama
Bac Films (1 h 42) Sortie le 13 décembre