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[CRITIQUE] « Swallow » de Carlo Mirabella-Davis : le beau portrait d’une héroïne affranchie

Nourri par l’extraordinaire palette de jeu de Haley Bennett (vue notamment dans Kaboom de Gregg Araki, 2010), Swallow fait le récit glaçant d’une lente émancipation. Hunter est une maîtresse de maison dont l’apparence surannée et l’attitude docile trahissent la soumission envers son riche époux. Une fois enceinte, elle est sujette à un trouble compulsif, la maladie de Pica, qui la contraint à ingérer des objets non comestibles… Carlo Mirabella-Davis, dont c’est le premier film de fiction, pulvérise progressivement un cadre pourtant patiemment mis en place. Il passe de l’observation en plans fixes de formes carrées et lisses – la grande maison d’architecte aux vitres de verre, les tenues fifties sans le moindre pli – à celle d’objets aux contours irréguliers que son héroïne ingère, et à une mise en scène caméra à l’épaule, pour mieux crier la libération de celle-ci. La crasse s’installe progressivement sous l’ongle et accompagne l’éclosion d’une femme en pleine repossession de son être, revenant à une primitivité inhibée et à son propre désir dans l’Amérique du patriarcat.

Crédit image : UFO Distribution

: Swallow de Carlo Mirabella-Davis (UFO Distribution, 1h34, sortie le 15 janvier)