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Jonathan Zaccaï, Erri de Luca, Claude Chabrol : ils sont dans le nouvel épisode de curiosity

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Cette semaine, Claude Chabrol nous parle de L’Enfer, film maudit d’Henri-Georges Clouzot; on revoit la comédie JC comme Jésus-Christ de Jonathan Zaccaï avec Vincent Lacoste, on voyage à travers la littérature avec un docu sur l’écrivain Erri de Luca, et on se laisser bercer par une comédie musicale hipster de Stuart Murdoch.

Claude Chabrol à propos de L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot

En 1994, Claude Chabrol s’empare d’un projet de film inachevé d’Henri-Georges Clouzot et signe une de ses œuvres les plus sensuelles et perturbantes, dans laquelle Emmanuelle Béart fait tourner la tête de François Cluzet, mari maladivement possessif. Plongée vertigineuse dans le cerveau de Paul, homme rongé par la jalousie au point de perdre pied avec la réalité, L’Enfer est aussi un hommage à l’oeuvre maudite et expérimentale de Clouzot, dont le tournage vira au cauchemar. Dans cette interview inédite, Chabrol décortique les intentions formelles du cinéaste, les audaces narratives et stylistiques, les images hypnotiques et sensuelles au bout desquelles le cinéaste n’a pas pu aller. 

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JC comme Jésus-Christ de Jonathan Zaccaï (2011, 75 minutes)

Une Palme d’Or à 15 ans, un César à 16… Cette année, JC (Vincent Lacoste) passe le bac, et tente de réunir les fonds pour monter une comédie musicale inspirée de l’affaire Dutroux (Dutroux in the rain, un projet plein de mauvais goût). Il faut dire qu’à 17 ans, Jean-Christophe Kern, dit JC, n’est pas un adolescent comme les autres. Mélange de Jean-Luc Godard et de Justin Bieber, il navigue entre ses Miel Pops dévorés devant la télé après le lycée et une vie professionnelle plus qu’accomplie.

Tous les films de la semaine sont disponibles ici

Avec pour point de départ ce pitch satirique, Jonathan Zaccaï signe un faux documentaire acerbe sur les petits egos ridicules qui traînent dans le monde du cinéma. Elsa Zylberstein, Kad Merad, Gilles Lellouche et Aure Atika, qui jouent ici leurs propres rôles, semblent se délecter dans ce pamphlet servi par des dialogues trash et rythmés. Au milieu de cette ribambelle de personnalités hautes en couleurs, Vincent Lacoste trône en enfant gâté du cinéma, exploite les tics faciaux qu’on lui connaît depuis Les Beaux Gosses pour donner un ton burlesque, proche de Blake Edwards, à cette farce corrosive.

 

God Help the Girl de Stuart Murdoch (2014, 112 minutes)

Adapté de son propre album-concept éponyme sorti en 2009, le premier long-métrage de Stuart Murdoch, leader du groupe écossais d’indie-pop Belle and Sebastian, est une plongée onirique dans le quotidien d’Eve, jeune Londonienne qui réside en hôpital psychiatrique pour soigner son anorexie. Avec James et Cassie, deux amis du coin, elle décide de monter son propre groupe…

Sans tomber dans la facilité d’une esthétique de clip vaine de sens, Stuart Murdoch se sert des mélodies vaporeuses pour dire l’état incertain d’une jeunesse volubile. Sous ses dehors de carte postale (des couleurs pastels, des décors d’une mignonnerie un peu désuète), la mise en scène organise des parenthèses enchantées et pop à ses héros nostalgiques, qui parce qu’ils ne savent pas vivre l’instant présent préfèrent l’immortaliser en le chantant. A mi-chemin entre la comédie musicale nerd et le portrait d’une génération hipster, God Help the Girl offre une euphorie électrisante.

A mi-mots : Erri de Luca de Robert Bober (documentaire, 2002, 26 minutes)

Au sortir de l’adolescence, après une enfance passée à Naples, Erri De Luca s’engage dans le mouvement d’extrême gauche « Lotta continua » avant d’exercer différents métiers manuels : ouvrier, terrassier, jardinier, maçon. A partir de 1996, il s’engage politiquement dans l’humanitaire et l’écologie, une ferveur militante qui deviendra à partir de 1989 le sujet des ses romans (Une fois, un jour ; Trois chevaux ; Un nuage comme tapis ; Acide, arc-en-ciel). Prostituée, marin, jardinier ou pêcheur, les personnages d’Erri De Luca sont toujours en résistance, à la recherche d’un accomplissement qui ferait sens. Pour mieux saisir la façon dont les enjeux politiques se mêlent à une éthique poétique singulière dans son oeuvre, le cinéaste et écrivain français Robert Bober est allé le rencontrer à Naples et dans sa maison près de Rome, et s’entretient avec lui en français et en italien. Bercé par les extraits de la prose sensuelle et violente d’Erri de Luca, ce docu lumineux est une bonne occasion de réécouter les mots d’un écrivain ancré dans son époque.

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Color Classic de Dave Fleischer (1935, 3×7 minutes) – 3 courts-métrages d’animation : The Cobweb Hotel – Play Safe – The Song of the Birds

Conçue par Dave Fleisher (l’inventeur de Popeye) comme une concurrente des Silly Symphonies de Walt Disney, cette série de courts-métrages distribuée par la Paramount Pictures a été tournée en Technicolor bichrome, et utilise un procédé original donnant l’illusion du relief. A travers trois saynètes oniriques, suivez les aventures d’un gentil toutou en laisse qui rêve de prendre le train, d’oiseaux en pleine chorégraphie, et la vie chahutée d’un hôtel abritant des petites bestioles un peu terrifiantes mais sympathiques. Un bestiaire malin et ludique pour renouer avec votre âme d’enfant.

Les films sont visibles sur mk2 curiosity 

Les films disponibles du 4 au 11 mars à voir sur mk2 curiosity

JC comme Jésus-Christ de Jonathan Zaccaï (2011, 75 minutes)
God Help the Girl de Stuart Murdoch (2014, 112 minutes)
A mi-mots : Erri de Luca de Robert Bober (documentaire, 2002, 26 minutes)
Color Classic de Dave Fleischer (1935, 3×7 minutes) – 3 courts-métrages d’animation : The
Cobweb Hotel – Play Safe – The Song of the Birds
Claude Chabrol à propos de L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot

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