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Akira Kurosawa, Betty Boop, Edna O’Brien : ils sont dans le nouvel épisode de mk2 curiosity

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Cette semaine, on découvre l’ultime film du maître japonais Akira Kurosawa, un docu sur la romancière irlandaise Edna O’Brien, et l’iconique Betty Boop de Dave Fleischer.

Madadayo d’Akira Kurosawa (1983)

En 1993, à l’âge de 83 ans, Akira Kurosawa réalise son trentième et ultime film. Cette oeuvre-testament n’a rien d’un conte moral à la temporalité sophistiquée (Rashōmon, 1950), ni d’une fresque médiévale à portée politique (Les Sept Samouraïs, 1954), ou d’une parabole sur la folie adaptée de Shakespeare (Le Château de l’araignée, 1957). Loin du style dynamique, des mouvements de caméra amples et virtuoses de ses plus grands films, Madadayo (qui signifie « pas encore » en japonais) est un huis clos intimiste sur la filiation – non pas celle du sang, mais celle de l’apprentissage.

Les épisodes de la semaine sont disponibles sur mk2 curiosity

Avec un regard humaniste semblable à celui d’Ozu, Kurosawa s’inspire de l’histoire de l’écrivain Hyakken Uchida et filme l’amitié entre un professeur parti à la retraite et ses élèves, qui décident d’instaurer une cérémonie traditionnelle en son honneur. Chaque année, un banquet sera organisé pour celui qu’ils surnomment « sensei« , vieux maître adoré, jusqu’au jour où ce dernier sera prêt à partir… Entre ces rituels, fil rouge qui permet à Kurosawa de rythmer son récit au gré des saisons, on découvre le quotidien de ce vieil homme qui se prépare à la mort avec philosophie.

La géométrie des cadres, leur profondeur de champ sculptée par l’architecture traditionnelle de l’habitat nippon donnent à cette chronique apaisée des airs de tableaux naïfs, d’où surgissent des moments de grâce contemplatifs – la disparition d’un chat, une scène de tempête – et de souvenirs ouateux, comme lorsque Hyakken Uchida se remémore les cache-cache de son enfance. Pour compléter ce visionnage, Charles Tesson, historien et spécialiste du cinéma japonais (il a notamment écrit un ouvrage sur Akira Kurosawa publié en 2008 aux Cahiers du cinéma), nous propose une analyse détaillée du film dans Préface et analyse de Madadayo, qui revient également sur le contexte historique et social du Japon des années 1940.

À mi-mots : Edna O’Brien de Jacques Malaterre

Dans le cadre de la collection documentaire À mi-mots, coproduite par Arte France et MK2 TV, et consacrée à la littérature contemporaine, Jacques Malaterre part à la rencontre de la romancière irlandaise Edna O’Brien. L’occasion de découvrir, en 26 minutes, le quotidien, les habitudes d’écriture, les inspirations de cette fille d’agriculteurs conservateurs – un milieu violent et répressif qu’elle décrira dans Les Filles de la campagne, Lonely Girl et Girls in Their Married Bliss, sa première trilogie. Jugés obscènes en raison des mœurs libérées de ses héroïnes, ses sept premiers livres furent censurés en Irlande. Depuis, cette admiratrice de James Joyce a continué à défendre l’émancipation par les mots, écrit une pièce de théâtre en hommage à Virginia Woolf, et reçut le Prix Femina pour l’ensemble de son oeuvre en 2019.

Betty Boop de Dave Fleischer et Marcel Shüpbach

Apparue en 1930, Betty Boop, avec sa jarretelle provocante et son légendaire ”Boop-Boop-a-Doop” demeure la plus célèbre pin-up de l’histoire du dessin animé. Ayant connu quelques ennuis avec la censure, son personnage évolue progressivement au fil des ans. Première héroïne de dessin animé aux courbes voluptueuses, qui devient rapidement le sex-symbol de lʼâge dʼor de lʼanimation américaine, elle disparaît totalement en 1939, en ayant été à la fois l’image stéréotypée du fantasme masculin mais aussi une icône subversive, féministe, émancipée…

En 1934 est instauré aux États-Unis le code de censure Hays, qui oblige Betty Boop à revoir sa conduite et sa garde-robe. Elle passe alors de sex-symbol à femme au foyer célibataire : ses manches sont rallongées, ainsi que sa robe – jusquʼaux genoux -, ses bouclettes de cheveux réduites, et sa jarretière carrément supprimée. Heureusement, personne n’a pu lui enlever son célèbre « Poo-poo-pee-doo ! ». Au gré des époques, la pin-up a incarné différentes valeurs, parfois opposées. Durant toute une décennie, Betty figurera dans une centaine de films, partageant parfois la vedette avec son ami Bimbo, le génial professeur Grampy ou son petit chien Pudgy.

Dans le documentaire B comme Béjart, le cinéaste Marcel Schüpbach suit Maurice Béjart dans le labyrinthe de la création d’un nouveau spectacle: un ballet nommé “Lumière”. On y suit Béjart, chef d’orchestre de sa troupe, dirigeant du haut de ses 75 ans les répétitions, la mise en place des décors, le choix des costumes. Béjart laisse jaillir sa passion dans cette œuvre musicale réunissant des artistes qui ont profondément marqué son existence : Brel, Barbara, Bach. Un testament artistique, mais aussi un portrait-vérité, où l’on entendra « Ne me quitte pas » de Jacques Brel et « Dis, quand reviendras-tu ? » de Barbara.

Les films disponibles du 8 au 15 avril sur mk2 curiosity :

Madadayo d’Akira Kurosawa (1983) : comédie dramatique
Préface et analyse de Madadayo par Charles Tesson
À mi-mots : Edna O’Brien de Jacques Malaterre (2004) : documentaire
Betty Boop de Dave Fleischer (1930) : animation LOBSTER
Chorégraphies de Béjart sur Brel (Au Printemps) et sur Barbara (L’aigle Noir) en tvod associée : B comme Béjart de Marcel Shüpbach

 

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