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[CRITIQUE] « Un divan à Tunis »: Une savoureuse comédie sociale portée par Golshifteh Farahani

Pour son premier long métrage, entre drame et comédie, Manèle Labidi s’inspire de l’idée que la révolution tunisienne a rendu le peuple bavard et anxieux après des décennies de non-dits. Une jeune femme ouvre un cabinet de psychanalyse dans la banlieue de Tunis. Alors que la cinéaste traite des nombreux troubles dépressifs éprouvés par la galerie de patients – femmes et hommes en proie à l’incertitude de l’avenir – avec une dose nécessaire de gravité, sa principale référence semble se trouver du côté de la comédie italienne des années 1970, qui usait de la satire pour décrire des problématiques sociétales avec humour. C’est aussi le portrait d’une héroïne indépendante qui intéresse la réalisatrice : psychanalyste franco-tunisienne au caractère taiseux, Selma (interprétée par Golshifteh Farahani) doit lutter contre l’adversité pour imposer un ambitieux projet professionnel et politique qui se heurte à divers obstacles culturels et administratifs. Trônant dans ce beau récit d’éclosion collective, le personnage garde jusqu’au bout une part de mystère insondable, manière pour le film de distiller une ultime couche de modernité. 

Damien Leblanc

Un divan à Tunis de Manèle Labidi, Diaphana (1 h 28), sortie le 12 février
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