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LIVRE : « En route, mauvaise troupe ! » de Kenneth Cook, un irrésistible récit de voyage

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À cause de la crise du Covid-19, la plupart d’entre nous ne passerons pas exactement cet été les vacances dont nous avions rêvé. C’est un peu frustrant mais, pour nous consoler, sachons que ce ne sera jamais pire que le séjour en Europe de l’écrivain australien Kenneth Cook et de sa famille, au début des années 1960 : une aventure si catastrophique qu’il l’a racontée dans un livre. Parti de Sydney en cargo, avec sa femme et leurs quatre enfants remuants, Cook avait pour projet de rejoindre l’Angleterre, d’acheter un bateau, de traverser la Manche et de descendre tranquillement jusqu’à la Méditerranée par les canaux. Hélas, rien ne s’est passé comme prévu. Au programme : crise de dysenterie à bord du cargo brinquebalant ; pannes de voiture à répétition ; banqueroute personnelle ; naufrage dans la Manche ; tempêtes de neige ; ennuis multiples avec les autorités. Alors que leur plan de route était censé les conduire en Grèce, les Cook se retrouvent finalement sur la côte espagnole, sans un sou en poche. Pour s’en sortir, Kenneth Cook ira jusqu’à se mettre hors la loi en prenant part à un trafic de whisky de contrebande !

Paru en 1963, le récit dans lequel il relate leurs mésaventures en famille n’avait jamais été traduit en français ; c’est désormais chose faite, pour le bonheur de ses nombreux admirateurs francophones et des amateurs de littérature comique en général. Dans le genre très couru du récit humoristique de voyage à l’étranger, c’est un chef-d’œuvre. La famille Cook ne peut pas faire un pas sans que quelque chose s’écroule, tombe en rade ou leur explose à la figure – à ce niveau de poisse, on touche au sublime. S’y ajoutent les inévitables malentendus liés à leur maîtrise insuffisante des langues ou à leur méconnaissance de coutumes locales parfois trompeuses. Il faut dire que, aux yeux d’un Australien, l’Europe est un continent étrange, pourvu d’un climat hostile et de populations imprévisibles. Le récit se déroulant au début des sixties, le lecteur d’aujourd’hui est dépaysé lui aussi, comme s’il voyait un film d’époque – impression qu’accentuent les photos noir et blanc disséminées dans le volume. Malgré ses presque soixante ans d’âge, ce bijou d’humour au flegme très anglo-saxon n’a pas pris une ride. 

En route, mauvaise troupe ! de Kenneth Cook (traduit de l’anglais par Mireille Vignol, Autrement, 254 p.)

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