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Gus Van Sant, Agnès Varda, Morris Engel : ils sont dans le nouvel épisode de mk2 Curiosity

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Au programme cette semaine : Paranoid Park, le drame adolescent virtuose de Gus Van Sant, Les Demoiselles ont eu 25 ans, docu-hommage à la comédie musicale de Jacques Demy signé Agnès Varda, et un court-métrage inédit du trop méconnu Morris Engel.

Paranoid Park de Gus Van Sant (2007)

Tout comme Elephant – avec qui il forme une tétralogie sur la jeunesse désoeuvrée aux côtés de Gerry et Last Days – Paranoïd Park de Gus Van Sant s’ouvre sur la géographie crépusculaire de Portland. Un pont monstrueux à cheval entre deux rives, étrangement serein mais rendu inquiétant par la musique métallique de Nino Rota. C’est que cette petite ville banale abrite un drame silencieux. Alex, un jeune skateur renfermé sur lui-même, tue accidentellement un agent de sécurité près de la voie de chemin de fer… D’abord dans le déni, il prend conscience de son acte à travers les images de télévision. Dès lors, tout le film, sorte de kaléidoscope mental composé de bribes de souvenirs, tendra à la résolution de cette image originelle traumatisante, que le personnage lui-même a refoulé.

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Car Paranoïd Park n’est pas tant le récit d’une culpabilité que celui d’un adolescent qui refuse le réel pour masquer son dégoût du monde adulte, le malaise de son propre corps, de sa sexualité, sa difficulté à exister aux yeux de ses propres amis indifférents. Cette perte d’identité contamine non seulement le montage du film, nerveux, erratique, mais aussi toutes ses composantes. De sa photographie ouateuse signée Christopher Doyle à ses variations de netteté perturbantes, en passant par son mixage sonore organique – Beethoven côtoie Cast King sans complexe -, ce teenage-movie cru et nostalgique excelle à instiller le malaise de son personnage tout en refusant la psychologisation littérale, la voix-off démonstrative.

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Si Gus Van Sant fait planer quelques éléments d’explication quant au mal-être de son héros – la cassure entre générations, les tabous sociaux, la violence muette du système scolaire -, il n’offre ni procès, ni rédemption. Aussi proche que l’on soit de lui par le grain de l’image et les gros plans fébriles, l’esprit mortifié d’Alex restera aussi insaisissable que sa silhouette filant sur son skate-board. Histoire d’accompagner cette séance d’une petite leçon de cinéma, on vous propose de regarder un bonus de Blow Up, le web magazine d’Arte, intitulé Dans le labyrinthe », parcours dans l’œuvre de Gus van Sant »qui explore les grandes obsessions visuelles et thématiques du réalisateur américain.

Tous les films sont disponibles sur mk2 curiosity

Les Demoiselles ont eu 25 ans d’Agnès Varda (1993)

En 1967, Jacques Demy signe Les Demoiselles de Rochefortmusical franco-américain sur les trajectoires sentimentales de deux jumelles (Catherine Deneuve et Françoise Dorléac). Mélodies de Michel Legrand qui préfigurent des rencontres avortées, artificialité des décors soutenue par un Technicolor irréel, chorégraphies fluides sur le pont transbordeur charentais et la place Colbert de Rochefort… Voilà les ingrédients principaux de ce film culte qui a transformé  Rochefort et sa grisaille en paradis pop. En 1992, la ville a fait une grande fête pour célébrer les 25 ans de ces Demoiselles. Agnès Varda, compagne de Jacques Demy, y a posé sa caméra pour comprendre les traces enchanteresses, mais hantées par la désillusion, qu’a laissé le film dans l’esprit collectif. Mélancolique et en même temps jovial, son documentaire entremêle les images du passé et du présent, part à la rencontre des Rochefortais pittoresques, des amis du film, de Catherine Deneuve, de Jacques Perrin et de très jeunes figurants devenus grands.

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The Dog Lover de Morris Engel (1962) et Oliver Twist de Frank Lloyd (1922)

François Truffaut s’est inspiré de sa liberté naturaliste pour Les 400 coups (1959), et déclara même que la Nouvelle Vague n’aurait pas existé sans lui. Pourtant, Morris Engel est encore trop peu connu. En 1953, il réalise avec son épouse Ruth Orkin Le Petit Fugitif, sur un enfant de 7 ans découvrant l’ivresse de l’indépendance à l’occasion d’une fugue en plein Coney Island. A l’aide d’une caméra 35 mm portative, ce film avant-gardiste capture avec justesse la réalité sociologique d’une époque. Cette semaine, on vous propose d’entrer dans l’univers de ce cinéaste de l’ombre avec le court The Dog Lover. On y découvre l’histoire de Susie, fille d’un gérant d’un supermarché de quartier, qui trouve un chien perdu dans la rue et décide de le ramener à la maison malgré les réticences de son père…

Restons dans des récits d’apprentissage à portée philosophique avec Oliver Twist de Frank Lloyd, adaptation muette du roman de Charles Dickens avec Jackie Coogan (éternelle bouille du Kid de Charlie Chaplin). Longtemps perdue, cette version mélodramatique et épique nous plonge dans les bas-fonds de Londres, pour retracer les aventures de ce héros orphelin abandonné par sa mère, et enrôlé par une bande de pickpockets sans merci.  

Tous les films sont disponibles sur mk2 curiosity

Programmation disponible du 11 au 18 mars

Paranoid Park de Gus van Sant (2007)
« Dans le labyrinthe », parcours dans l’œuvre de Gus van Sant de Luc Lagier (2007) : bonus
The Dog Lover de Morris Engel (1962) : court-métrage
Les Demoiselles ont eu 25 ans d’Agnès Varda (1993) : documentaire
Oliver Twist de Frank Lloyd (1922)

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