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Arte soutient les prochains films de Bertrand Bonello et Sophie Letourneur

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En gestation : un film d’anticipation de Bertrand Bonello avec Léa Seydoux et Gaspard Ulliel, la prochaine comédie de Sophie Letourneur avec Philippe Katerine et le premier long de la jeune cinéaste Emmanuelle Nicot.

Un peu d’éclaircie et de projection positive dans cette période trouble pour le cinéma : à l’issue d’une réunion qui s’est tenue la semaine dernière, le comité d’Arte Cinéma France a annoncé soutenir trois nouveaux projets dont les synopsis viennent d’être dévoilés.

D’abord, celui de Bertrand Bonello (L’Apollonide, Nocturama). Le cinéaste, qui présidera cette année le jury de la compétition longs-métrages du festival de Gérardmer, prépare La bête, un récit d’anticipation qui imagine un monde « où les émotions sont une menace » avec Léa Seydoux et Gaspard Ulliel. L’actrice y campera le rôle de Gabrielle, une femme qui se décide à « purifier son ADN dans une machine qui va la plonger dans ses vies antérieures et la débarrasser de tout sentiment fort ». Evidemment, tout ne se passe pas comme prévu. Lors de l’expérience, qui propulse l’héroïne dans trois périodes distinctes (1910, 2014 et 2044), Gabrielle rencontre Louis et « ressent une puissante connexion, comme si elle le connaissait depuis toujours ». Pas très loin de l’Eternal Sunshine of The Spotless Mind de Michel Gondry, ce synopsis sur l’amnésie volontaire et le flash-back existentiel sur fond de romance. Pas sûr toutefois que la comparaison tienne à l’arrivée, tant l’univers de Bonello, noir et opaque, tranche avec celui de Gondry, bien plus ludique. Reste qu’après l’envoûtant Zombi Child, présenté à Cannes en 2019, on a plus que hâte de découvrir ce nouveau crû fantastico-romanesque.

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Arte soutient aussi Voyages en Italie de et avec la cinéaste Sophie Letourneur, qui nous avait régalés avec sa comédie jubilatoire et osée Enorme (prix Jean Vigo 2019), feat. Marina Foïs et Jonathan Cohen. Dans ce nouveau long-métrage, elle jouera au couple avec Philippe Katerine. Le pitch : « Sophie raconte comment, avec Jean-Philippe, ils ont décidé de partir tous les deux pour sauver leur couple, envahi par la vie de famille. Mais partir où ? Après maintes élucubrations, ils décident d’aller en Sicile malgré l’entorse de Jean-Philippe. » Dans l’entretien qu’elle nous avait accordé (à retrouver ci-dessous), la cinéaste évoquait ce projet en ces termes : «Ça interroge le couple, la famille, le désir. Et surtout, j’ai très envie de filmer les enfants. Dans mon projet, ils ont l’âge le pire, 2 ans et demi, 3 ans. Ça va être vachement dur mais mon ambition c’est de montrer à quel point ça détruit tout, enfin beaucoup de choses, et en même temps comment il y a un ravissement quand on regarde son enfant – souvent quand il dort d’ailleurs.» Comme on adore la manière qu’a Letourneur de faire valdinguer les clichés, qu’on n’aime pas moins le jeu souvent cosmique de Katerine et qu’on rêve de parcourir la Sicile en Vespa, on mise gros sur le film.

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Troisième et dernier projet qui a tapé dans l’œil d’Arte Cinema France : L’Amour selon Dalva, premier long de la jeune cinéaste Emmanuelle Nicot. Passée par l’Institut des Arts de Diffusion en Belgique, dont elle est sortie diplômée d’un Master en réalisation cinéma fiction en 2012, celle-ci a présenté son film de fin d’études, RAE, dans plusieurs festivals avant de se lancer dans le casting sauvage pour ensuite revenir à la réalisation en 2016 avec le court A l’arraché. Le pitch de L’Amour selon Dalva : « Dalva a 12 ans. Un soir, la police fait irruption chez elle et embarque son père avec qui elle vit seule. Dans l’incompréhension la plus totale, Dalva défend l’homme comme une furie, mais rien n’y fait. Brutalement placée dans un foyer pour adolescents, Dalva va se lier d’amitié à Samia, sa colocataire de chambre et peu à peu faire confiance à Jayden, son éducateur. Grâce à eux, elle va comprendre pourquoi on l’a arrachée à ce père qu’elle aime tant… Quel chemin Dalva devra-t-elle parcourir pour sortir de l’emprise, pour s’émanciper de son père, pour aller vers la clairvoyance ? » Difficile de présager quoi que ce soit pour ce premier long, dont le scénario s’avère en tout cas très en phase avec le contexte actuel de libération de la parole autour de l’inceste, des comportements abusifs et traumatiques qui s’opèrent dans le cercle familial.

Portrait : Bertrand Bonello par Julien Liénard pour TROISCOULEURS

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