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Ars, c’est une petite ville de l’Est de la France, devenue célèbre au XIXe siècle pour son prêtre exemplaire et virulent qui devint le saint patron des curés de France. En 1959, Jacques Demy en faisait le portrait. Pendant une semaine sur mk2 Curiosity, ne manquez pas une occasion inédite de découvrir gratuitement le court-métrage d’un débutant appelé à devenir un immense réalisateur. En partenariat avec Ciné-Tamaris.

Mise à jour le 03/06/ 2020. Ce film n’est désormais plus accessible. Découvrez les films offerts sur mk2 Curiosity en cliquant ici

En 1957, Jacques Demy réalise son premier court métrage en couleurs, Le Bel Indifférent. Son univers formel est alors déjà bien planté : motifs exubérants, couleurs vives… Le Jacques Demy que nous connaissons semble déjà lancé. Et pourtant, en 1959, il accepte de réaliser une commande des Productions du Parvis pour retracer la vie édifiante de Jean-Marie-Baptiste Vianney, curé sanctifié d’Ars-sur-Formans au XIXe siècle.

À la fois déroutant et d’une certaine manière étrangement familier, ce court-métrage froid et solennel, portrait captivant d’un fol-en-Christ, peut sembler aux antipodes de l’exubérance de Jacques Demy, mais il nous rappelle dans le même temps le fou de cinéma que fut alors le jeune réalisateur. On retrouve évidemment l’influence de Robert Bresson, dont le Journal d’un curé de campagne (1951) dressait déjà le portrait d’un prêtre tourmenté à la foi dévorante. La musique aux tons sourds d’Elsa Barrante, les travellings sur de vastes paysages et les quelques personnages réduits à l’état de silhouette anticipent déjà les audaces formelles d’Alain Resnais dans L’année dernière à Marienbad (1961).

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Mais contrairement à Bresson, le questionnement sur la foi catholique ne semble pas avoir été l’élément déclencheur dans la réalisation de ce court-métrage. En 1964, Jacques Demy explique une des surprenantes motivations de son entreprise dans un entretien paru dans les pages des Cahiers du cinéma : « La manière dont il [le curé d’Ars, ndlr] a procédé est semblable à celle dont Truffaut s’est servi, dans le cinéma français, lorsqu’il était au journal « Arts ». Cette espèce de violence, de virulence, avec en même temps un côté tyrannique un peu suspect, mais toujours une sincérité, une bonne foi et des idées justes et troublantes. Je suis parti de cette analogie, c’est vrai, j’avais trouvé ça marrant ; il y a toujours des phénomènes qui se répondent.

Image de couverture : (c) Ciné-Tamaris

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