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Ce soir, on vous propose de revoir sur Mubi ce chef-d’œuvre du réalisme poétique porté par Jean Gabin et Michèle Morgan et habité par l’imaginaire de la mer.

Remorques s’ouvre sur une séquence de liesse collective, digne de La Belle équipe de Julien Duvivier (1936) ou du 14 juillet de René Clair (1933) – deux films qui incarnent par leur naturalisme, tout comme le drame de Jean Grémillon, l’âge d’or du réalisme poétique. André Laurent, capitaine du remorqueur Le Cyclone (Jean Gabin), assiste avec son équipage à la noce d’un de ses marins, avant d’être appelé en urgence pour secourir les passagers d’un cargo, dont Catherine (Michèle Morgan), la femme du commandant. Alors que sa femme (Madeleine Laurent) lui dissimule sa maladie et le supplie de prendre sa retraite, André tombe follement amoureux de Catherine, avec laquelle il débute une liaison…

Adapté du roman éponyme de Roger Vercel sorti en 1935, ce drame nocturne, tourné sur les côtes de Brest et de Guissény, étonne par sa capacité à synthétiser harmonieusement des imaginaires mythologiques et esthétiques composites. Grand plasticien, inspiré par les ports normands, Jean Grémillon filme l’appareillage du Cyclone comme une bataille épique et avec une modernité percutante. La machine monstrueuse, armée de bras mécaniques, brave la tempête pour repousser les flots dévorants de la mer, sorte d’affrontement tragique qui trouve son génie dans l’utilisation du son: aux bruits de ferraille métalliques se mélangent des choeurs antiques, scellant dès le départ le destin fatal qui pèse sur le héros.

Sous ce réalisme symbolique, qui oscille entre noir et blanc austère (la photographie signée Armand Thirard sublime des décors brumeux, presque expressionnistes) et saillies poétiques (les séquences diurnes sur la plage où Jean Gabin et Michèle Morgan entrevoient un apaisement éphémère), pointent les thématiques obsédantes de l’adultère et l’érosion conjugale, qui reviennent comme des ritournelles amères dans la bouche des personnages. Signés Jacques Prévert, ce sont ces dialogues presque musicaux qui donnent à ce drame très simple une dimension romantique déchirante, matérialisant les impasses sentimentales de personnages dont les solitudes peinent à s’accorder.

Le film est disponible juste ici.

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