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Le film du soir : « Le Ruban blanc » de Michael Haneke

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Palme d’or 2009, Le Ruban blanc de Michael Haneke est le film le plus réussi de son auteur. Une plongée profondément trouble et mordante dans la mécanique du mal. À voir gratuitement sur le site d’ARTE. 

Avant d’en venir au Ruban blanc, Michael Haneke livrait un remake américain de l’un de ses films au dispositif hyper manipulateur, Funny Games, une œuvre devenue un classique de l’horreur et des temps modernes. En philosophe, le cinéaste autrichien aime à réfléchir à la violence sèche et froide du monde. Agitprop moraliste aux tendances misanthropes, il recevait, en juin dernier, la Palme d’or pour Le Ruban blanc. Une récompense bien méritée. Caché, discret, Haneke met en scène avec génie les névroses et les haines tapies d’un hameau protestant du Nord de l’Allemagne, à la veille de la Première Guerre mondiale. Non, pas de métaphore ici qui expliquerait tout (la guerre, le nazisme, etc.), disons plutôt que Le Ruban blanc pourrait prendre place n’importe où, aujourd’hui encore.« Voilà à quoi nous sommes parvenus après des siècles de culture, de religion, de civilisation », semble dire Haneke.Voici un village où l’innocence est au mieux saisonnière comme l’hiver, un vœu pieu, un symbole, tel ce ruban que les enfants portent autour du bras pour se souvenir de ne pas fauter…

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Le choix du noir et blanc de l’image n’est pas fortuit. Certes, le récit qu’Haneke a choisi de raconter est au passé, mais le contraste sert surtout un duel chromatique – symbolique – où le noir immanquablement l’emporte. Film noir et enquête sur la genèse du mal, Le Ruban blanc commence comme un thriller : une voix, celle de l’instituteur racontant des événements étranges de sa jeunesse, nous tient en haleine jusqu’au bout. Tout l’art pervers et mystérieux du cinéaste consiste à mettre en scène ce mal à l’état brut – on pense à un mélange du Village des damnés et du réalisme cru des pièces du dramaturge Harold Pinter –, et de faire de ce mal à la fois un objet éthique condamnable et néanmoins le carburant essentiel, jouissif de son œuvre. • DONALD JAMES 

Image :  © Les Films du Paradoxe

Pour voir le film, suivez ce lien

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