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Soixante-quinze ans avant Princes et Princesses de Michel Ocelot, Lotte Reiniger inventait le cinéma d’animation en théâtre d’ombres. De 1923 à 1926, elle découpe inlassablement des silhouettes de papier et réalise Les Aventures du prince Ahmed, réputé premier long métrage d’animation de l’histoire du cinéma. Toujours méconnue du grand public, elle est la réalisatrice d’une œuvre admirable et totalement avant-gardiste.

Si l’on a vu Princes et Princesses, Azur et Asmar ou encore Kirikou, on se rend vite compte à quel point Michel Ocelot est redevable à Lotte Reiniger pour la technique et les inspirations. Alors si vos enfants sont des fans inconditionnels de l’univers du réalisateur, nous vous proposons un retour aux sources avec Les Aventures du prince Ahmed !

A Bagdad, on célèbre dans le faste l’anniversaire du Calife. Le Grand Sorcier en particulier fascine la foule avec son cheval volant. Le fils du Calife, l’intrépide prince Ahmed, s’empare du cheval et se retrouve emporté dans un tourbillon d’aventures. En chemin, il découvre l’amour en la personne de la reine Pari-Banu, il rencontre une méchante sorcière qui s’avère pleine de ressources, ainsi qu’Aladin et sa lampe magique. Avec ces précieux alliés, les jeunes amoureux parviendront-ils à triompher du Sorcier qui s’est juré de se venger du prince Ahmed ?

Cette fantaisie orientale abracadabrantesque s’inspire de deux histoires tirées des Contes des mille et une nuits, Le Conte du cheval volant et Aladin. Avec des jeux lumineux en arrière-plan, une pellicule teintée et des dessins ciselés aux détails incroyables, Lotte Reiniger fait naître tout un monde fantasmagorique, qui empreinte aussi bien au théâtre d’ombres chinoises qu’à l’avant-garde berlinoise (Walter Ruttmann, en charge des arrière-plans, est en effet le réalisateur d’un chef-d’œuvre du cinéma muet expérimental : Berlin, symphonie d’une grande ville).

Le scénario est totalement invraisemblable, mais peu importe : il fallait bien tous ces rebondissements pour plonger le spectateur dans un ravissement continu. Lotte Reiniger sait rendre à merveille les détails qui permettent aux 300 000 images de prendre vie : un sourire en coin malveillant, une démarche fatiguée… Porté par la superbe musique de Wolfgang Zeller, le film est si expressif qu’il pourrait presque se passer de cartons. Ce conte n’a pas pris une ride en presque cent ans et reste une véritable merveille du cinéma d’animation.

Pour mieux connaître Lotte Reiniger, voici un programme proposé par la BBC qui revient sur sa vie et son œuvre (malheureusement sans sous-titres en français) :

 

Le film restauré est disponible chez Carlotta et en location sur le site de La Cinetek.

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