
Sélection officielle – compétition
Palme D’or : FJORD de Cristian Mungiu
Avec Fjord, le Roumain Cristian Mungiu, déjà lauréat d’une Palme d’or en 2007 pour 4 Mois, 3 semaines, 2 jours, raconte l’opposition entre un couple de parents très pieux, accusés d’avoir maltraité leurs enfants, et une société norvégienne aux valeurs plus progressistes, qui va chercher à protéger lesdits enfants. Il en résulte un film épatant sur les polarisations contemporaines, avec les stars internationales Sebastian Stan et Renate Reinsve.
Sortie le 19 août.

Grand Prix : MINOTAURE d’Andreï Zviaguintsev
C’était l’un des événements du Festival : le retour d’Andreï Zviaguintsev, cinéaste russe majeur (Léviathan, Prix du scénario à Cannes en 2014 ; Faute d’amour, Prix du jury en 2017). Exilé en Europe depuis cinq ans, il n’avait pas sorti de long métrage depuis neuf ans. Son implacable Minotaure (remake de La Femme infidèle de Claude Chabrol) observe le délitement d’un couple bourgeois en Russie, comme un écho à la situation du pays, quelques mois après le début de l’invasion russe en Ukraine, en 2022.
Sortie le 14 octobre.

Prix du jury : L’AVENTURE RÊVÉE de Valeska Grisebach
Dans une petite ville bulgare, proche des frontières grecque et turque, une archéologue sexagénaire fait face, avec un aplomb désarmant, à un milieu criminel entièrement masculin. Avec ce polar labyrinthique, l’Allemande Valeska Grisebach, réalisatrice de Désir(s) (2007) et de Western (2017), signe un drame imposant à la puissante portée féministe, et rafle le Prix du jury.
Sortie le 15 juillet.

Prix de la mise en scène : Javier Calva & Javier Ambrossi pour LA BOLA NEGRA / Pawel Pawlikowski pour FATHERLAND
Ex aequo pour le Prix de la mise en scène : les « Javis », comme on les appelle en Espagne, pour leur lyrique et baroque La bola negra, fresque qui dénonce la répression de l’homosexualité par le fascisme ; et le Polonais Pawel Pawlikowski pour son plus sobre et contenu Fatherland, sur l’écrivain Thomas Mann.
La bola negra : sortie le 16 décembre ;
Fatherland : date de sortie non communiquée.

Prix d’interprétation féminine : Virginie Efira et Tao Okamoto dans SOUDAIN de Ryusuke Hamaguchi
Dans la lignée de Drive My Car (2021), Soudain de Ryūsuke Hamaguchi fait le récit d’une rencontre humaine et ses potentialités cosmiques. Ici, entre Marie-Lou (Virginie Efira), directrice d’un Ehpad parisien aux méthodes alternatives, et Mari (Tao Okamoto), metteuse en scène japonaise atteinte d’un cancer. Une rencontre partagée à un extraordinaire degré d’intimité et incarnée avec profondeur et grâce par les deux actrices – le jury ne s’y est pas trompé.
Sortie le 12 août.

Prix d’interprétation masculine : Emmanuel Macchia et Valentin Campagne dans COWARD de Lukas Dhont
Double prix d’interprétation aussi du côté des hommes, cette année. Avec Coward, le Belge Lukas Dhont signe son meilleur film, porté par les révélations Emmanuel Macchia et Valentin Campagne, primés ensemble à respectivement 20 ans et 22 ans. À la fois sensible et réaliste, ce récit nous emmène en 1916, où Pierre, un jeune soldat envoyé au front durant la Première Guerre mondiale, s’éprend de Francis, un artiste chargé de divertir les troupes.
Date de sortie non communiquée.

Prix du scénario : Emmanuel Marre pour NOTRE SALUT
S’inspirant de son histoire familiale, le Français Emmanuel Marre (Rien à foutre, 2022) fait coup double avec ce formidable film – que l’on aurait bien vu être palmé d’or. Derrière un réquisitoire aussi fin qu’implacable contre l’abandon des valeurs politiques sur l’autel de l’économie se niche le portrait grinçant d’un arriviste veule dans la France de Vichy, incarné par le stupéfiant Swann Arlaud.
Sortie le 30 septembre.

Caméra d’or : BEN’IMANA de Marie-Clémentine Dusabejambo
Première réalisatrice rwandaise sélectionnée à Cannes à Un certain regard, Marie-Clémentine Dusabejambo a remporté la Caméra d’or pour Ben’imana, un premier long majestueux sur une survivante du génocide des Tutsis au Rwanda qui, en 2012, organise des groupes de parole entre femmes et dont la capacité à pardonner est mise à rude épreuve. Un film figurant l’éclosion de la voix puissante d’une réalisatrice, que rien ne destinait à cette carrière.
Date de sortie non communiquée.
Un certain regard

Prix Un certain regard : EVERYTIME de Sandra Wollner
Cette variation autour du deuil, signée de l’Autrichienne Sandra Wollner, séduit grâce à un refus obstiné du pathos. Everytime suit un trio sympathique constitué d’une mère et ses deux filles jusqu’à la disparition de l’une d’elles. L’échappée qui s’ensuit fait penser à d’autres vacances tristes de cinéma, comme celles d’Aftersun, même si le film de Sandra Wollner trouve un ton singulier en ne traitant jamais le deuil à travers le prisme du mélodrame.
Date de sortie non communiquée.

Prix du jury : LES ÉLÉPHANTS DANS LA BRUME d’Abinash Bikram Shah
Premier film népalais en Sélection officielle à Cannes, ce premier long d’Abinash Bikram Shah nous a impressionnés – ainsi que le jury, présidé cette année par Leïla Bekhti. Les Éléphants dans la brume s’impose aussi bien par la puissance politique de son sujet, qui traite de la communauté kinnar (les personnes du troisième sexe), que par la beauté sidérante de ses images.
Sortie le 23 septembre.
Semaine de la Critique
C’est la réalisatrice indienne Payal Kapadia (All We Imagine as Light, Grand Prix du Festival de Cannes en 2024) qui présidait cette année le jury de la défricheuse Semaine de la critique. Les autres membres du jury et la cinéaste ont jeté leur dévolu sur la grande découverte incontestable de la sélection, La Gradiva de Marine Atlan (sortie le 4 novembre), pour le Grand Prix Ami Paris, et décerné le prix Fondation Louis-Roederer de la révélation à Aina Clotet pour Viva (sortie le 14 octobre).

Oeil d’Or
Le jury de l’Œil d’or, qui porte sur les documentaires de toutes les sélections confondues, a remis son Grand Prix à Viendra la révolution de Pegah Ahangarani (sortie le 9 décembre), présenté en Séance spéciale (Sélection officielle). La réalisatrice iranienne y fait cinq portraits de ses proches, comme autant de figures de résistance dans son pays, des premiers élans de 1979 à la guerre déclenchée en 2026. Une mention spéciale du jury a été décernée au magnifique Tin Castle d’Alexander Murphy (Semaine de la critique), qui suit une famille de gens du voyage irlandais.

Queer Palm
C’était une année record pour le prix récompensant le meilleur film queer, toutes sélections confondues, avec pas moins de vingt-deux longs métrages au programme. Le jury flamboyant de cette édition, coprésidé par Thomas Jolly et Anna Mouglalis, a remis sa Palme à l’électrisant et foisonnant slasher Teenage Sex and Death at Camp Miasma de Jane Schoenbrun (l’un de nos grands coups de cœur de l’édition). Et a innové en créant le Prix révélation pour récompenser un premier film français, qui a été décerné à la belle romance sur des routiers Du fioul dans les artères de Pierre Le Gall. 20 sur 20.
