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[CRITIQUE] « Filles de joie » : Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich abordent la prostitution avec tact et vitalité

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Peu de films traitent l’épineux sujet de la prostitution avec autant de tact. Dans Filles de joie, le cinéaste Frédéric Fonteyne et l’actrice et scénariste Anne Paulicevich – qui ont collaboré sur Tango libre en 2012 – l’abordent à travers un dispositif malin, alternant les points de vue de trois amies vivant dans la même cité et passant presque tous les jours la frontière belge pour se prostituer dans un (joyeux) bordel : Axelle (Sara Forestier), qui tente de préserver son enfant de son ex violent ; Dominique (Noémie Lvovsky), qui cumule ce job avec celui d’infirmière et s’éloigne fatalement de ses deux ados ; et Conso (Annabelle Lengronne), qui s’embourbe dans une relation toxique avec un client riche et marié.

Si ce tableau semble bien sombre, ce film inclassable, qui emprunte au thriller comme au drame social, puise chez ces héroïnes borderline une étonnante vitalité. Dans la veine de L’Apollonide (2011) de Bertrand Bonello et d’Une fille facile (2019) de Rebecca Zlotowski, il explore la variété des corps et saisit l’ambiguïté de femmes tout à la fois frondeuses, enjouées et mélancoliques, affrontant avec résilience la schizophrénie d’une société qui les blâme et les fétichise en même temps.

Filles de joie de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich, KMBO (1 h 31)

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