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« There Will Be Blood » sur Arte : pourquoi il faut (re)voir ce grand film noir de Paul Thomas Anderson

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Sur fond de prospection pétrolière au début du XXème siècle, cette œuvre pessimiste adaptée du roman Oil ! d’Upton Sinclair donne au rêve américain sa substance amère.

Cet article a été initialement publié en février 2008, lors de la sortie française du film.

Le « cas » Paul Thomas Anderson semblait réglé depuis l’échec commercial de PunchDrunk Love (2003). Pourtant, le réalisateur s’était octroyé les faveurs du public et de la critique avec Boogie Nights et Magnolia. Mais son formalisme exacerbé l’avait rattrapé. Contre toute attente, la machine qui tournait un peu à vide fonctionne aujourd’hui à plein régime. C’est en sondant les entrailles du territoire américain, et partant, les fondements du rêve américain, que P.T Anderson doit son retour en grâce artistique.

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Épurée, son adaptation du roman d’Upton Sinclair privilégie la part d’ombre d’un prospecteur misanthrope, cupide et peu scrupuleux, interprété par le monumental Daniel Day-Lewis. Modeste foreur à ses débuts, Daniel Plainview assoit progressivement son empire pétrolifère, en rachetant à des fermiers leurs terrains pour une bouchée de pain. Il est assisté dans son entreprise par son jeune fils, un orphelin qu’il recueille puis renie cruellement. Ni la construction du chemin de fer, ni la pression d’un prédicateur avide (Paul Dano) n’entravent sa conquête du pouvoir, qui est ici affaire de sol et de sang mêlés. Dimension physique des plans, ampleur souveraine des mouvements de caméra, économie de dialogues : la première partie du film sidère, soutenue par la musique de Jonny Greenwood du groupe Radiohead. L’épilogue, à la fois grotesque et cinglant, parachève la grande œuvre au noir de P.T. Anderson, qui livre un film politique acerbe. Impossible de ne pas voir dans les puits de pétrole en feu l’actualisation des images du Golfe irakien où s’est livrée, dans les années 1990, une guerre pour l’or noir. There Will Be Blood déterre les racines du Mal d’une Amérique écartelée entre la matière et l’esprit, plus que jamais minée par le doute. SANDRINE MARQUES

Pour voir le film, suivez ce lien.

 

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