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Robert Altman, Amandine Gay, Fred Guiol : ils sont dans le nouvel épisode de mk2 curiosity

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Cette semaine, on swingue au rythme jazzy de Kansas City de Robert Altman, on découvre un docu engagé d’Amandine Gay, et un court-métrage de Fred Guiol avec Laurel et Hardy.

Kansas City de Robert Altman (1996)

En 1934, Kansas City est une ville prospère et animée qui a échappé aux effets de la Dépression et vibre au rythme ininterrompu de la musique de jazz. Un climat de violence règne à la veille des élections que le redoutable “Boss”, Tom Pendergast (Michael Murphy) s’est promis de remporter par tous les moyens. La jeune télégraphiste Blondie O’Hara (Jennifer Jason Leigh) échafaude un plan désespéré. En kidnappant Carolyn Stilton, l’épouse d’un conseiller du président Roosevelt, Blondie espère obtenir la libération de son mari, Johnny O’Hara (Miranda Richardson), petit malfrat tombé aux mains du légendaire truand Seldom Seen (Harry Belafonte). Dans un contexte de violence morale, une complicité inattendue naît entre les deux femmes.

Tous les films de la semaine sont disponibles sur mk2 curiosity

New Deal, pègre et clubs de jazz… Sous ce programme séduisant (une gamme chromatique prononcée, un sens du mélo excessif, une bande-son produite par le duo Hal Willner/Steven Bernstein), le film-choral flamboyant de Robert Altman est habitée par les simulacres. La fascination pour les idoles, l’obsession du star-system transforment chaque personnage en pantin pathétique, dont la tristesse reflète la chute du rêve américain. Robert Altman ausculte alors les dégâts de la prohibition, du libéralisme économique, l’illusion d’une société démocratique qui a gardé les stigmates de la ségrégation. Son récit labyrinthique, déroutant, adopte ouvertement le rythme d’une liesse, d’une ivresse nocturne qui n’en finit pas, pour mieux esquisser le désenchantement politique. En complément, on vous propose de découvrir les secrets du film en compagnie de Luc Lagier, le créateur de la web-série Blow Up pour Arte. Dans Gare, trains et déraillements : à propos de Kansas City (2007), ce cinéphile averti analyse le motif de la solitude dans Kansas City, formé par les monologues des personnages, le défilement des trains et les solos de jazz, mais aussi l’immensité de décors vertigineux.

Ouvrir la voix d’Amandine Gay (2017) 

Ce documentaire passionnant, signé par la Française Amandine Gay, donne la parole à une vingtaine de femmes noires, en France et en Belgique. La réalisatrice a décidé de montrer leur témoignage face caméra pendant une bonne partie des deux heures que dure le film. Aucune lassitude cependant devant ce parti pris radical, pour la simple raison que ces visages, on ne les voit jamais filmés aussi longtemps, d’aussi près et avec autant d’attention.

Ce que racontent ces personnes de tous horizons, ce sont les embûches édifiantes qu’elles doivent surmonter au quotidien à cause de leur apparence, des inconnus qui se permettent de toucher leurs cheveux crépus aux discriminations scolaires puis sur leurs lieux de travail, en passant par les présupposés affligeants sur leurs comportements sexuels. En scrutant les différentes facettes de cette violence hallucinante affreusement banalisée,  et en intégrant à son panel des femmes noires homosexuelles triplement discriminées, Amandine Gay apporte sa pierre, essentielle, à l’édifice du cinéma documentaire et du féminisme intersectionnel – TIMÉ ZOPPÉ

Scandale à Hollywood de Fred Guiol (1926)

Deuxième collaboration entre Laurel et Hardy après Le Veinard (1921), Scandale à Hollywood met en scène les aventures rocambolesques d’un jeune ingénu venu de la campagne, tout droit débarqué à Hollywood pour régler une affaire familiale. Au cours de son périple, il perdra le sens du réel, mettra la pagaille dans l’hôtel de Laurel et Hardy et se retrouvera mêlé à un véritable braquage maquillé en tournage. Bien que Laurel et Hardy y fassent une apparition secondaire (l’un en détective, l’autre déguisé en James Finlayson), ce court-métrage porte la patte burlesque de ce duo comique qui érigea le slap-stick en art. Le corps, à la fois maladroit et anarchique, y devient un instrument pour subvertir la bienséance, et la répétition des gags visuels créée une vraie connivence avec le spectateur.

Les films disponibles du 29 avril au 6 mai sur mk2 curiosity

Kansas City de Robert Altman (1996, 116’, Etats-Unis)

Gare, trains et déraillements : à propos de Kansas City de Luc Lagier (2007, 16’, France)

Ouvrir la voix d’Amandine Gay (2017, 130’, France)

Scandale à Hollywood de Fred Guiol (1926, 17’, Etats-Unis)

 

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