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Le festival F.A.M.E, qui s’est ouvert en ligne cette semaine sur mk2 Curiosity, détonne cette année par une programmation aussi festive que combattive. Coup de cœur de cette édition 2021 : le docu féministe électrisant Sisters with transistors de Lisa Rovner, qui réhabilite les pionnières de l’électro. A voir d’urgence dès aujourd’hui et jusqu’au 25 février.

Clara Rockmore, Delia Derbyshire, Bebe Barron, Eliane Radigue, Daphne Oran, Suzanne Ciani, Laurie Spiegel, Pauline Oliveros, Maryanne Amacher et Wendy Carlos. Ces noms ne vous disent peut-être pas grand-chose mais derrière eux se cachent des femmes, pour la plupart américaines, qui ont révolutionné la musique électronique. Armées de synthétiseurs, d’oscillateurs, de filtres ou de séquenceurs, ces exploratrices des sons du futur ont repoussé, notamment entre les années 1950 et 1980, les limites de la recherche musicale, créant des passerelles entre compositions exigeantes, confidentielles, et pop culture. Elles seront pourtant reléguées au second plan – dans les années 1950, on préfère louer l’avant-gardisme d’un Pierre Schaeffer ; dans les années 1970, la folie créatrice d’un Giorgio Moroder.

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Raccordant avec fluidité des images d’archives saturées de machines et d’instruments sophistiqués et puissants, la cinéaste et artiste franco-américaine Lisa Rovner réhabilite ces ingénieures de l’ombre. Narré par la grande compositrice Laurie Spiegel, connue pour avoir conçu le logiciel de composition algorithmique Music Mouse, son documentaire pointu, bercé de nappes expérimentales aussi cryptiques que captivantes, monte leurs portraits en enfilade. Ces ponts entre générations révèlent les personnalités tour-à-tour excentriques et discrètes de ces génies méconnues, mais montrent surtout comment celles-ci ont été invisibilisées ou bien cantonnées à leurs statuts de femmes par l’industrie musicale, les médias et le monde de la recherche.

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En septembre 1970, dans les colonnes du New-York Times, l’accordéoniste et figure de la musique minimaliste Pauline Oliveros pointe ces mécanismes politiques excluants en signant une tribune intitulée « And Don’t Call Them ‘Lady’ Composers». « Les maisons de disque n’étaient pas intéressées par les femmes qui ne chantaient pas », rapporte plus tard, dans une interview télévisée américaine, la compositrice Suzanne Ciani, qui s’est fait connaître dès les années 1980 pour avoir reproduit des effets sonores pour la publicité, le cinéma ou les jeux-vidéos, faute de pouvoir être reconnue par ses pairs. Exploser au vol certains clichés éculés – à commencer par l’idée que le champ de la technique et des sciences serait réservé aux hommes –, montrer comment des femmes se sont emparées d’outils qu’on aurait voulu leur confisquer : c’est le tour de force opéré par ce docu réparateur chargé d’énergie.

Pour louer le film, cliquez ici.

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