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Le cinéaste Bertrand Tavernier est décédé

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L’Institut Lumière a annoncé le décès de l’écrivain, cinéaste, scénariste et producteur Bertrand Tavernier (La Mort en direct, La Princesse de Montpensier). Cette grande figure du cinéma français s’est éteinte à l’âge de 79 ans à Sainte-Maxime, dans le Var. Retour sur son parcours.

C’est en tant que critique que Bertrand Tavernier commence sa carrière dans le monde du cinéma. Après des études de droit à la Sorbonne, il fonde en 1961 un ciné-club, le Nickel Odéon, puis écrit des piges pour Télérama avant d’être l’assistant de Jean-Pierre Melville sur Léon-Morin, prêtre en 1961. Son premier film, L’Horloger de Saint-Paul (1974), marque sa première collaboration avec son acteur-fétiche Philippe Noiret (qu’il dirigera ensuite dans Que la fête commence, Coup de torchon, La Vie et rien d’autre et La Fille de d’Artagnan) mais surtout la naissance de ses obsessions thématiques.

Avec un naturalisme proche de Claude Chabrol, un regard sociologique sur les faits divers, Bertrand Tavernier questionne la monstruosité et les rouages de la justice dans Le Juge et l’assassin (1976), portrait d’une France du XIXe ébranlée par l’affaire Dreyffus, mais aussi les conséquences traumatisantes du colonialisme dans Coup de torchon (1981), fable tragique située en Afrique noire, sur un policier minable pris d’une folie meurtrière. Sensible aux dérèglements du monde, il aimait suivre les trajectoires déviantes d’individus qui se perdent entre le bien et le mal (La Passion Béatrice, 1987 ou encore L’Appât, 1995).

Du film de guerre (Capitaine Conan) aux adaptation en costumes (La Princesse de Montpensier) en passant par le polar ou la comédie nostalgique sur le temps qui passe (Un dimanche à la campagne), Bertrand Tavernier était un des rares cinéastes français à maîtriser le film de genre. Sous l’éclectisme de sa filmographie pointait un amour de la narration hérité de Jean Aurenche et Pierre Bost, dialoguistes fustigés pour leur classicisme par François Truffaut, que Tavernier réhabilita en son temps. Mais aussi une volonté plus politique de raconter la grande histoire à travers celle du cinéma (Laissez-passer, sur les plateaux de tournages parisiens pendant l’Occupation), ou encore les métiers invisibilisés (Ca commence aujourd’hui, sur un directeur d’école du Nord de la France confronté à la délinquance).

Ce cinéaste cinéphile, grand amoureux d’Hollywood, qui avait déclaré être devenu metteur en scène en raison de son admiration pour La Charge héroïque de John Ford, était aussi un grand théoricien de 7e art. Dans les années 1960, il fut l’un des premiers à interviewer des réalisateurs étrangers (John Ford, Raoul Walsh ou John Huston) et à analyser leurs filmographies. En 1993, il avait notamment publié Amis américains, objet d’une réédition en 2019. Il s’y entretenait avec une multitude de grands auteurs hollywoodiens. A l’occasion de sa parution, Tavernier s’était livré à nous sur sa passion dévorante dans une interview à lire ici. Sa dernière fiction en date était la réjouissante comédie Quai d’Orsay (2013), avec Thierry Lhermitte, Raphaël Personnaz et Niels Arestrup. Le cinéaste y livrait une vision du monde politique mordante et sans concession, avec un sens effréné du rythme.

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