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Gregg Araki, Alastair Siddons, Walter Lang : ils sont dans le nouvel épisode de mk2 curiosity

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Cette semaine, mk2 curiosity vous propose de redécouvrir un teen-movie déchirant de Gregg Araki, un docu captivant sur le breakdance signé Alastair Siddons et le classique Petite princesse de Walter Lang.

Mysterious Skin de Gregg Araki (2004, 120 minutes)

(Avertissement : ce film est interdit aux moins de 16 ans)

Après The Doom Generation (1995) et Nowhere (1997), deux déambulations punk-adolescentes qui firent de Gregg Araki une égérie de la scène underground, le réalisateur prenait en 2004 un détour inattendu avec ce récit pudique sur la pédophilie. Adapté d’un best-seller de Scott Heim, Mysterious Skin suit la trajectoire de deux adolescents, Neil (Joseph Gordon-Levitt) et Brian (Brady Corbet), tous deux abusés par leur entraîneur de base-ball dans leur enfance. Lié pour toujours à cet agresseur avec lequel il a entretenu une relation perverse, Neil cherchera à revivre ce fantasme tordu en vendant son corps à des hommes mûrs. Brian, qui a été violé, s’entourera au contraire de mirages afin de repousser la vérité, persuadé d’avoir été enlevé par des extraterrestres.

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Autour d’un même traumatisme, nerf névralgique de tous les maux adultes, Gregg Araki dresse le portrait de deux solitudes. Sans livrer un discours social sur la prostitution et le viol, le film s’évertue à reproduire l’émotion viscérale provoquée par la blessure, matérialise les plaies à vif, les lésions invisibles de ses personnages. D’où cette esthétique de la chair mutilée, de l’épiderme retournée – c’est en plongeant sa main dans les entrailles d’un cadavre animal que Brian identifiera le bras de son agresseur -, mais aussi le recours à l’imaginaire de le science-fiction pour symboliser la peur.

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Constamment sur le fil entre douceur et cruauté, lyrisme et trash, le film trouve alors un équilibre. La justesse de l’écriture est rehaussée par des couleurs pastel et une BO iconique. Pour mieux comprendre les enjeux de mise en scène de cette oeuvre, on vous propose de prolonger son visionnage par un documentaire, Gregg Araki à propos de Mysterious Skin (25 minutes), dans lequel le journaliste Olivier Nicklaus s’entretient avec le réalisateur à propos de ce film radical.

Les films sont à découvrir ici

Turn it Loose d’Alastair Siddons (documentaire, 2007, 96 minutes)

Soweto, Afrique du Sud. Dans une centrale désaffectée, les 16 meilleurs b-boys s’affrontent lors de battles sous haute tension lors du plus grand tournoi mondial de breakdance. Le documentariste Alastair Siddons (réalisateur d’Inside Out, qui suivait l’artiste français JR dans son projet d’art participatif consistant à imprimer des portraits d’habitants sur les murs de leur ville) capture avec fébrilité les corps de ces athlètes pour qui la danse est un mouvement esthétique autant qu’une affaire de survie, où se joue la revendication d’une identité sociale et politique.

Du côté des kids 

Direction l’époque victorienne, dans un pensionnat anglais, avec Petite Princesse de Walter Lang (1939, 93 minutes), un film qui rappellera des souvenirs nostalgiques à beaucoup. Shirley Temple, première enfant star du cinéma américain, y prête ses traits diaphanes à Sarah, fille d’un capitaine déclaré mort lors d’un conflit entre les Britanniques et des états indépendants sud-africains. Maltraitée par le directrice qui décide d’en faire une domestique du pensionnat, Sarah recourt à son imagination sans limite pour s’échapper mentalement de cette prison… Un petit bijou aux décors raffinés, dont le cinéaste mexicain Alfonso Cuarón réalisera en 1995 un remake élégant. Pour terminer, on vous donne rendez-vous avec les plus grandes vedettes des studios des années 1930 (Buster Keaton, Laurel et Hardy, Douglas Fairbanks, Joan Crawford, Gary Cooper) dans The Stolen Jools de William McGann (1931, 17 minutes), délicieux court-métrage en forme d’enquête : lors d’un bal annuel, les bijoux de la star de cinéma Norma Shearer ont été volés. La police enquête…

Les films sont à découvrir ici

Les films disponibles du 10 au 18 février

Mysterious Skin de Gregg Araki (2004, 120 minutes)

Gregg Araki à propos de Mysterious Skin (25 minutes) – entretien avec Olivier Nicklaus

Turn it Loose d’Alastair Siddons (documentaire, 2007, 96 minutes)

Petite Princesse de Walter Lang (1939, 93 minutes)

The Stolen Jools de William McGann (1931, 17 minutes)

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