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F.A.M.E festival : focus sur « Decoder », savoureuse dystopie cyber-punk allemande

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Sorti en 1984, ce film expérimental délicieusement bordélique (biberonné à la littérature de William S. Burroughs) imagine une Allemagne de l’Ouest régie par un empire sonore aseptisé. À voir jusqu’au 25 février sur mk2 Curiosity

Ce film fait partie de la programmation hors-compétition du F.A.M.E festival 2021.

Une esthétique à la fois glacée et érotico-baroque à la Fassbinder, des apparitions lunaires de deux génies dingos (William S. Burroughs et Genesis P-Orridge), une lecture noire, fantasmagorique et hallucinée des ravages du capitalisme en plein boom techno industriel et une bande-son brute signée Soft Cell et The The… Ce trip cyberpunk rarement diffusé et signé par le réalisateur allemand Mucha transgresse avec un plaisir contagieux les règles du bon goût. 

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Ode à la contre-culture, le film, qui se situe dans le Hambourg du début des années 1980, raconte l’histoire d’un employé de fast-food (incarné par F.M. Einheit, batteur du groupe industriel « Einstürzende Neubauten »). Héros lucide, celui-ci part en lutte contre la Muzak. Un genre musical dont le nom est tiré de celui d’une société américaine des années 1920, connue pour avoir été la première à fournir aux entreprises des musiques d’ambiance afin de rendre l’activité des employés plus productive et d’installer les consommateurs dans un certain confort, propice aux achats. Conscient que les patrons de fast-food utilisent cette technique marketing pour manipuler les foules, celui-ci cherche à provoquer une révolte populaire en parasitant leurs antennes, et en diffusant ce qu’il considère être le bruit parfait (comprendre : une musique sans harmonie). 

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Entre longs travellings asphyxiants dans les labyrinthes du siège du pouvoir autoritaire, incursions dans les peep-shows d’une ville décadente, visions hallucinatoires (une femme élevant dans une chambre à l’ambiance tropicale des grenouilles), dialogues perchés, le film fourmille d’idées délirantes et grossières qu’on a parfois du mal à raccorder entre elles. Mais c’est précisément cette faculté à tout s’autoriser qui en fait une fable irrésistible. 

Pour voir le film, cliquez ici

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