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[CRITIQUE] « Talking about Trees », un documentaire crépusculaire sur les oubliés du cinéma soudanais

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Au Soudan, quatre vieux amis parodient la scène finale de Boulevard du crépuscule (1951), qui conte la résurrection d’une actrice déchue.

Ibrahim, Suleiman, Manar et Altayeb sont des cinéastes à la carrière stoppée net par un Soudan qui les a abandonnés, et le cinéma tout entier avec eux. Mais, comme Norma Desmond, ils orchestrent un come-back : le leur, en retapant une vieille salle de cinéma, La Révolution – ça ne s’invente pas… Ce documentaire, entrecoupé d’images tirées de leurs œuvres de jeunesse qui laissent entrevoir les grands cinéastes qu’ils auraient pu devenir, est porté par l’espoir de ces vétérans en goguette prêts à en découdre avec la censure. Crépusculaire, le film contient la mélancolie d’un pays dont nos quatre amis sont les dépositaires ; Suhaib Gasmelbari (un Soudanais qui a étudié en France) l’a bien compris, tant il filme les ruines de La Révolution comme on filmerait celles du Titanic. La différence tient à ce que ces irréductibles, qui auraient pu couler avec le navire, s’en sont fait les flamboyants capitaines, gardiens de la mémoire du cinéma – et pour préserver celle-ci, quoi de plus beau que de lui consacrer un film?

Talking about Trees de Suhaib Gasmelbari, Météore Films (1h33), sortie le 18 décembre
Image: Copyright Météore Films

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