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[CRITIQUE] « Mamacita » : un portrait authentique en forme de quête intérieure

Après ses études en Europe, José Pablo a promis à sa grand-mère mexicaine de lui dédier un film. Promesse tenue, avec ce documentaire d’une rare authenticité, construit à la manière d’une quête intérieure. Le personnage de Mamacita aurait pu inspirer bien des fictions, et José Pablo raconte son histoire – une femme qui, seule, a construit un empire dans les cosmétiques et intégré la haute société – en recoupant les fragments qui subsistent d’une saga familiale dont il est resté à l’écart. On y retrouve notamment la sensualité des portraits intimes de Marie Losier – qui n’aurait pas renié l’excentricité baroque de cette diva de 95 ans recluse dans un manoir avec ses fidèles sujets. Si Mamacita rayonne tant, c’est parce que le cinéaste filme sa grand-mère dans toute sa tragédie. Elle n’est jamais idéalisée ; au contraire, elle apparaît fragile et ambivalente, hantée par les fantômes du passé. S’insérant dans le dispositif du film, José Pablo en devient l’acteur, et c’est alors, pour lui, l’occasion rêvée de prendre la main fébrile de Mamacita pour traverser, comme dans un conte de fées, le quatrième mur et soulager son âme en peine. David Ezan 

Mamacita José Pablo, Estrada Torrescano, Plátano Films (1 h 15), sortie le 12 février
Image: Copyright Real Fiction Filmverleih