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[CRITIQUE] « La femme qui s’est enfuie » : la belle et fugace fugue de Hong Sang-soo

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Nouvelle variation de Hong Sang-soo sur les dysfonctionnements de la conversation, cette virée champêtre d’une femme mariée permet au cinéaste sud-coréen de brocarder une certaine toxicité masculine.

Profitant du départ de son mari en voyage d’affaires, Gamhee (Kim Min-hee) rend successivement visite à trois anciennes amies. Occasion pour elle de s’accorder une pause et de discuter avec ces vieilles connaissances à qui elle confie que c’est la première fois depuis cinq ans qu’elle passe du temps loin de son époux. Toujours friand d’excursions dans la campagne coréenne et de séquences de repas, Hong Sang-soo se penche – pour son vingt-quatrième film en vingt-quatre ans – sur la création de liens de solidarité entre des femmes aux expériences variées (l’une vient de divorcer, l’autre a emménagé dans un nouveau quartier, la troisième vit dans l’angoisse d’une faute passée).

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Derrière l’apparente trivialité des discussions, le cinéaste dépeint à merveille un monde dont les habitants s’observent constamment et où les caméras de surveillance sont omniprésentes. Intéressé par les dispositifs de reproduction, le cinéaste s’amuse à répéter à trois reprises le même motif consistant à faire soudain s’immiscer un homme qui interrompt longuement le fil d’une conversation entre femmes. Qu’il s’agisse d’un débat sur l’alimentation des chats ou d’une brutale dispute sentimentale, le procédé ridiculise ces hommes quelque peu indélicats. L’échec de ces figures masculines à imposer leur pensée rend ainsi le point de vue de Hong Sang-soo (récompensé à Berlin pour sa mise en scène) très limpide : si chaque femme est ici confrontée à une forme d’oppression, le film esquisse avec délicatesse les conditions de leur libération.

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La femme qui s’est enfuie de Hong Sang-soo, Les Bookmakers / Capricci Films (1 h 17), sortie le 30 septembre

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