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ARCHIVE – Quand Anouk Aimée se rêve fantôme

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L’actrice fête ses 89 ans ce mardi 27 avril. Pour célébrer son anniversaire, on (re)voit cet entretien réalisé par le brillant et regretté André S. Labarthe pour l’émission « Cinéma Cinémas » en 1986.

Avec son visage fin et gracieux, ses airs rêveur et mystérieux, Anouk Aimée a donné à ses rôles mythiques (chez Claude Lelouch, Jacques Demy ou encore Federico Fellini) une épaisseur dramatique infinie. La part insaisissable de l’actrice n’avait pas échappé au regard acéré du critique et cinéaste André S. Labarthe, qui lui avait consacré en 1986 un portrait captivant, presque surnaturel, pour l’émission « Cinéma Cinémas » (diffusée sur Antenne 2 entre 1982 et 1991).

Auteur de savants montages cinéphiles (sa célèbre collection de documentaires « Cinéastes de notre temps » en témoigne), Labarthe (décédé en 2018) s’éloignait des interviews standardisées, grattait la pellicule pour voir ce qui se trame réellement sous les légendes dorées du cinéma. Ainsi, en Anouk Aimée, ce grand voyant du cinéma perçoit… un fantôme. Ou plus précisément (et poétiquement) une « sorte de Nadja [du nom de l’héroïne du livre d’André Breton, ndlr] murmurante et fragile dont la spécialité semble être depuis toujours de s’évaporer inopinément au milieu d’une conversation », comme il le dit en voix-off.

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« J’aimerais bien être un fantôme […]. Un fantôme, ça dure plus longtemps qu’une comédienne », répond entre deux pauses silencieuses Anouk Aimée, plus que ravie de la comparaison (son visage s’en illumine). Assise dans un café vide –  qu’on imagine être en fait la brasserie nantaise « La Cigale », décor mythique du Lola de Jacques Demy, dans lequel elle joue le rôle incandescent d’une danseuse de cabaret –, l’actrice est comme assaillie par les spectres des personnages qu’elle a joués et qui l’habitent encore (en fond sonore, par-dessus sa voix, André S. Labarthe incruste plusieurs de ses répliques, mais aussi des échos et voix enfantines plus ou moins audibles). Entre autres anecdotes de cinéma (ses souvenirs amusés du tournage de La Fleur de l’âge, film inachevé de Marcel Carné, lors duquel elle refusât d’embrasser un acteur parce qu’il avait trop de boutons), cet entretien suspendu entre deux mondes laisse surtout transparaître le grand rêve d’éternité d’Anouk Aimée.

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