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CANNES 2022 · « Boy from Heaven » : une haletante infiltration politico-religieuse

  • Damien Leblanc
  • 2022-05-21

Réalisateur du remarqué « Le Caire confidentiel », Tarik Saleh découvre cette année la compétition cannoise avec Boy from Heaven, époustouflant thriller d’infiltration situé au cœur d’une université islamique égyptienne qui vire au courageux pamphlet politique.

Ce film a reçu le Prix du scénario au Festival de Cannes 2022.

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Simple fils de pêcheur venu de la campagne égyptienne, Adam (joué par l’envoûtant Tawfeek Barhom) décroche une bourse à la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, épicentre du pouvoir de l'Islam sunnite. Mais le Grand Imam à la tête de l'institution meurt le jour de la rentrée et Adam se trouve vite au cœur d’une lutte souterraine entre autorités politiques et autorités religieuses. Recruté par les services gouvernementaux comme informateur au sein de l’université, le jeune homme va jouer un jeu dangereux et voir sa vie menacée par les nombreuses manipulations orchestrées par les élites égyptiennes…

Usant des codes des récits d’espionnage, Tarik Saleh parvient, comme dans son brillant Le Caire confidentiel (sorti en 2017), à extraire des règles classiques du cinéma de genre une imposante fable politique qui brocarde la corruption de l’Egypte contemporaine. Mais à la révolution égyptienne de 2011 et à la garde rapprochée du président Moubarak succède ici l’Egypte du président al-Sissi et l’emprise du pouvoir militaire. On retrouve ainsi Fares Fares (déjà héros du Caire confidentiel) dans le rôle d’un colonel au look négligé qui donne ses instructions à Adam et se révèle être un adepte des coups tordus et des manœuvres de déstabilisation.

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La mise en scène millimétrée de Tarik Saleh donne quant à elle lieu à des images à couper le souffle, notamment quand il filme des étudiants dans la cour de l’Université et insiste sur l’idée que les diverses interprétations de l’Islam, de la foi et de la morale peuvent engendrer bien des rebondissements tragiques.

Entre épopée narrative et sensations d’écrasement physique, Boy from Heaven trouve un équilibre fascinant qui fait la part belle aux contradictions de chaque personnage et s’appuie sur un magistral casting. En plus du truculent duo central joué par Tawfeek Barhom et Fares Fares, le film bénéficie en effet de la présence de comédiens d’expérience comme Mohammad Bakri (Homeland, Le Bureau des légendes, Hanna K.), Makram Khoury (Les Patriotes, Munich, Homeland) ou Sherwan Haji (L'Autre côté de l'espoir d’Aki Kaurismäki). Venus de différents horizons et ayant déjà participé à des fictions majeures traitant d’espionnage international, ils achèvent de donner à cette histoire égyptienne une densité universelle.

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