Cannes 2021CinémaCultureKidsGEn.ALe magazine
  • Article
  • 5 min

A revoir sur Arte: « Broken Flowers », road-movie mélancolique de Jim Jarmusch

  • Léa André-Sarreau
  • 2019-10-30

Bouleversant mélange de dérision et de nostalgie dans lequel le réalisateur pose un regard tendre sur le vieillissement, Broken Flowers est à revoir jusqu’au 2 novembre sur Arte.

Donnez à Jim Jarmusch le pitch le plus bancal ou anecdotique du monde, il en fera une variation sur l’exil intérieur, l’ennui quotidien ou les regrets inconsolables. Dans Broken Flowers (prix du Jury au Festival de Cannes 2015), c’est le mythe mille fois usé de Don Juan que le réalisateur s’amuse à défaire malicieusement. Flegmatique et tendre, Bill Murray y interprète un ancien tombeur sur le déclin au cœur fatigué, dont la solitude va être brisée par la lettre anonyme d’une ancienne conquête lui annonçant qu’il est le père d’un garçon de dix-neuf ans. Encouragé par son voisin raide dingue de romans policiers (Jeffrey Wright, impeccable), il entreprend un road-trip pour rendre visite aux femmes qu’il a rencontrées dans sa vie, et au passage, parcourir les limbes de sa mémoire…

A LIRE AUSSI ->> À voir sur Arte: « Le fantastique Mr Murray », documentaire fascinant sur l’insaisissable Bill Murray

S’il est si percutant, c’est parce que ce neuvième opus de Jim Jarmusch a des airs de premières fois. Première fois que le cinéaste, habitué à filmer une jeunesse qui se brûle à toutes les expériences, se saisit ici de la vieillesse, empoigne le spleen d’un homme au crépuscule de sa vie; première fois qu’il offre à ses personnages féminins une profondeur si saisissante (Sharon Tate, Jessica Lange, Tilda Swinton et Julie Delpy sont les véritables héroïnes de ce voyage existentiel) et assume pleinement le doux désenchantement de ses films précédents. Mais bien-sûr Broken Flowers ravira aussi tous ceux qui chérissent les gimmicks habituels et irrésistibles de son cinéma: le laconisme comme principe narratif, l’émotion logée dans les situations absurdes et ridicules, les chorégraphies désarticulées des acteurs et l’humour lancinant qui, comme une bombe à retardement, n’arrive pas au moment où on l’attend. Avec ici, en supplément d’âme, une vague tristesse presque agréable et jamais revancharde.

A LIRE AUSSI ->> Une balade chez Jim Jarmusch avec Philippe Azoury

Image: Copyright Focus Features

Tags Assocíes

  • Broken Flowers
  • Jim Jarmusch

Inscrivez-vous à la newsletter

Votre email est uniquement utilisé pour vous adresser les newsletters de mk2. Vous pouvez vous y désinscrire à tout moment via le lien prévu à cet effet intégré à chaque newsletter. Informations légales

Retrouvez-nous sur