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À voir sur Arte: “Dr. Jekill et Mr. Nicholson”, documentaire fascinant sur Jack Nicholson

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Dans Dr. Jekill et Mr. Nicholson, Emmanuelle Nobécourt examine les blessures personnelles de Jack Nicholson au prisme de ses rôles. À revoir sur Arte jusqu’au 27 juillet.

À l’image du labyrinthe de Shining, le documentaire fonctionne comme comme un jeu de piste identitaire, qui ne tente pas de résoudre le mystère Jack mais plutôt d’en révéler toute l’étendue. Une à une, les pièces du puzzle se recomposent sans jamais percer complètement le charme nébuleux de celui qui a pensé ses rôles comme des alter ego fictifs.

Assistée de Patrick McGilligan, biographe de Jack Nicholson, et de son ami cinéaste Henry Jaglom, Emmanuelle Nobécourt traque sous l’icône les démons intérieurs d’un homme insatisfait, et fait de ses apparitions à l’écran les fragments d’un grand mystère qui restera irrésolu.

Garçon timide et mal dans sa peau élevé à Spring Lake, une petite ville ennuyeuse du New Jersey, Nicholson apprend vite à faire semblant d’être un autre, et quand il débarque à Hollywood, son physique singulier et son humour décalé poussent Roger Corman à lui confier un rôle marginal dans son film de série B La Petite boutique des horreurs. Un clown est né -mais comme tout bon clown qui se respecte, il est aussi triste et mélancolique, un double visage que l’arrivée du Nouvel Hollywood va exploiter comme jamais. Nourri de culture européenne, passionné par Camus et la philosophie de l’absurde, Nicholson commence à écrire des scénarios en 1964, fréquente les figures de proue de la contre-culture sans vraiment y appartenir, fidèle à sa nature d’électron libre.

Avec Easy Rider (1969), l’acteur crève l’écran en avocat défenseur des droits civiques et vole presque la vedette à Peter Fonda et Dennis Hopper, avant de camper un détective privé taciturne dans China Town et de simuler la folie dans Vol au-dessus d’un nid de coucou. S’en suivront des rôles exutoires, nourris des blessures personnelles de l’acteur, qui découvre tardivement la véritable identité de sa mère : animé d’une férocité nouvelle, il fait corps avec la folie de ses personnages, celle de Jack Torrance dans Shining, du Joker dans le Batman chez Tim Burton.

Image: Capture d’écran Arte

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