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Il y a 4 mois :

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Avec L’homme fidèle, Louis Garrel signe un deuxième long métrage, ludique et gracieux, coécrit avec Jean-Claude Carrière. Film de chambre polyphonique, cette nouvelle variation autour du thème du trio amoureux a remporté un Prix du scénario amplement mérité au festival de San Sebastián.

Quel a été l’apport de Jean-Claude Carrière sur le scénario ?
Son aversion pour tout ce qui relève de l’explication psychologique. Ça créait un conflit fertile entre lui et moi, avec mon côté sentimental. Il a apporté une forme de distance. Dans Les Deux Amis, les personnages étaient fiévreux, attachés à l’adolescence amoureuse, ils se disaient tout. Or, cette fois, tout est plutôt dissimulé, il n’y a pas de scène de ménage, la douleur ne s’exprime pas ; ce qui guide les personnages, c’est l’élégance. Et ça, c’est grâce à Jean-Claude.

Abel est un personnage, sinon passif, du  moins observateur. D’ailleurs, vous en avez fait un journaliste.
Il y avait surtout l’idée de construire un personnage à la Buster Keaton. C’est comme ça que je l’ai joué : quelqu’un qui n’aurait pas de rancune vis-à-vis des portes qu’il se prend dans la figure. C’est sa force. N’ayant aucun ressentiment à l’égard de personne, il ne rompt jamais ses liens. C’est en cela qu’il est fidèle, même si le titre peut s’entendre de différentes manières : fidélité conjugale, fidélité à soi-même…

Le motif du triangle amoureux est perturbé par la présence d’un enfant pas si innocent…
Joseph a plusieurs coups d’avance sur les adultes. Il attend que leur monde s’apaise pour pouvoir s’apaiser lui-même. Entre-temps, il vit comme dans un roman policier. Il a l’air d’avoir plein d’imagination, mais il détient peut-être aussi quelques vérités. C’est un peu le marionnettiste caché du film. En travaillant avec un enfant, je me suis souvenu à quel point, à 9-10 ans, on est déjà au courant de tout, on a les clés pour lire les situations.

😊

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