Quel âge as-tu ?
J’ai 25 ans.

Moi, j’ai 12 ans. À mon âge, tu voulais être danseuse ?
Oui, j’étais déjà à l’école de l’Opéra de Paris.

Tu as l’air un peu timide.
J’essaie de le cacher, mais ça se voit quand même ! Pourtant je me suis améliorée, c’était pire à ton âge. Danser m’a aidée à m’ouvrir, la danse est au-dessus de cette timidité.

Qu’est-ce qui t’a poussée à danser ?
Le hasard. À 6 ans, j’ai vu un ballet à la télé, je crois que c’était Le Lac des Cygnes de Tchaïkovsky. Ça fait un peu cliché mais c’était magnifique. Par chance, il y avait un cours de danse juste en face de chez nous, et ma mère m’y a inscrite.

Ça a été le coup de foudre ?
Au tout début je m’ennuyais, je trouvais ça répétitif, les exercices à la barre, et j’ai déserté le cours. La prof a appelé ma mère pour lui dire qu’elle trouvait ça dommage, que j’étais douée. Du coup, j’ai persévéré, et c’est devenu une passion. Je dansais toute la journée à la maison, je ne pensais plus qu’à ça.

Est-ce que tu as un modèle de danseuse ?
Depuis toujours, j’adore Aurélie Dupont. Elle a une technique incroyable, une manière de danser qui me parle, et puis sur scène elle est magnifique.

Dans le film on vous voit ensemble !
Oui, j’ai de la chance, c’est elle qui m’a fait travailler mon premier rôle de soliste. C’était super de l’avoir pour coach, grâce à elle je me suis sentie prête le jour de la première.

Tu as eu le trac ?
Avant de monter sur scène, je ne sens plus rien dans mon corps, mes jambes sont molles, j’ai une boule au ventre et, bizarrement, quand j’entre sur le plateau, tout disparaît, tout se dénoue. C’est une sensation très agréable.

Dans le film, une danseuse se fait mal au pied, toi tu reçois un coup dans le nez… Est-ce que tu souffres beaucoup quand tu danses ?
Souffrir, non, quand même pas, mais on travaille beaucoup, alors on a des douleurs. Moi, ce sont surtout les courbatures que je crains.

Vous avez l’air d’être amis entre danseurs.
Oui, pour certains on se connaît depuis qu’on est petits, on est rentrés en même temps à l’école de danse de l’Opéra de Paris, vers l’âge de 9 ans. En plus des cours de danse, on a l’école « normale » le matin. On est toujours ensemble, et depuis longtemps. Ça crée des liens forts.

LE DEBRIEF

Margaux a rencontré la danseuse Letizia Galloni à l’occasion de la sortie du documentaire Relève. Histoire d’une création, qui suit la préparation d’un ballet dirigé par Benjamin Millepied à l’Opéra Garnier.
« Quand j’ai vu arriver Letizia dans sa robe blanche, je l’ai trouvée très belle. Elle a l’air jeune, on dirait qu’elle est au lycée. Elle avait une voix douce, très timide. Moi aussi j’étais intimidée. Je veux devenir journaliste, et c’était ma première interview. »