Pour une fillette de l’âge d’Élise, Le Prophète s’apparente à une initiation ludique à la philosophie. Ce film omnibus l’a en effet poussée à réfléchir à des concepts aussi complexes que l’amour, la mort ou l’autorité.


« Le titre, c’est un mot que je ne con­naissais pas ; mais je sais maintenant qu’un prophète, c’est quelqu’un qui nous raconte la vie. Dans le film, le prophète s’appelle Mustafa. Et comme il dit la vérité, il est enfermé par des sortes de chefs qui ne pensent qu’à eux. L’histoire se passe en Inde, parce qu’ils marchent tout le temps sur du sable et que le teint de l’air est jaune. Quand Mustafa nous donne ses sagesses, il y a une voix qui chante, et il nous montre ses dessins qui sont en rapport avec ce qu’il dit. Mais même si les dessins nous expliquent les choses, je ne comprenais pas tout. Par exemple, il dit “La mort c’est quand même bien”, alors que, pour moi, la mort, c’est pas bien. Ça m’embête de ne pas avoir tout compris. Le prophète dit aussi qu’il faut aimer, mais qu’il ne faut pas être trop amoureux. C’est expliqué avec les plus beaux dessins du film, parce qu’ils ont plus de couleurs et de motifs. Il dit aussi qu’il faut respecter la nourriture, c’est-à-dire que quand tu tues ta nourriture, tu dois lui dire certaines choses. Par exemple, il faut dire à une pomme que ses graines vont germer dans ton cœur. Je ne savais pas du tout qu’il fallait dire ça ! En même temps, ce sont des choses que personne ne sait, je crois. »

L’AVIS DU GRAND

Conçu sous l’aile bienveillante de la productrice Salma Hayek, Le Prophète est une ode luxueuse à l’œuvre du poète libanais Khalil Gibran. En dehors de son impressionnante distribution vocale, menée par Liam Neeson dans le rôle-titre, Le Prophète réunit, autour d’un récit cadre, une série de sketches adaptant les poèmes de Gibran et réalisés par la crème de l’animation indépendante : Bill Plympton (Les Amants électriques) se charge d’une ode hédoniste à la nourriture ; Tomm Moore (Le Chant de la mer) se réapproprie l’art islamique pour une section hypnotique dédiée à l’amour ; et les trop rares frères Brizzi, qui s’étaient déjà fait remarquer grâce à un sketch remarquable de Fantasia 2000, nous offrent un petit bijou d’animation avec le dernier court métrage, consacré à la mort.


de Roger Allers (1h24)
sortie le 2 décembre
dès 7 ans