Anna, 13 ans, a interviewé Frédéric Bonnaud, le directeur de la Cinémathèque, dans les décors de l’exposition « Goscinny et le Cinéma ».


Qu’est-ce que la Cinémathèque ?
On est en 2017, et la première projection d’un film dans une salle date de 1895, donc ça fait cent vingt-deux ans que le cinéma existe. Durant toutes ces années, des milliers de films ont été réalisés. Notre travail, c’est de continuer à montrer ces films anciens, mais pas seulement. La Cinémathèque est aussi un musée, on conserve des affiches, des costumes, des caméras, des décors…

À quoi ça sert de garder toutes ces choses ?
C’est une grande question : les films sont des produits des hommes – ils sont de la pensée et du rêve. Pour comprendre ce qu’il y a eu avant nous, c’est intéressant de voir les films du passé. Si on n’avait pas gardé les tableaux ou les livres des siècles précédents, on saurait moins de choses ; les films, c’est pareil, ils font partie de l’histoire de l’humanité. Le cinéma est un spectacle, mais même si se distraire c’est très important, le cinéma sert aussi à comprendre ce qui nous arrive. Si tu as des ennuis, des bonheurs, des chagrins, tu vas peut-être retrouver ce que tu ressens dans un film, ça peut te permettre de mieux comprendre tes émotions – et donc de mieux vivre.

Pourquoi as-tu eu envie d’organiser une exposition sur René Goscinny ?
Goscinny a un lien très fort avec le cinéma. Dans les années 1930, quand il était petit, il n’y avait pas de télé, pas d’ordinateur, mais il y avait des cinémas à tous les coins de rue. Alors, le soir, on dînait, on faisait la vaisselle et on allait voir un film. Dans son enfance, Goscinny a vu beaucoup de westerns, de films de Charlot et de Buster Keaton, et il s’est nourri de tout ça pour écrire ses BD, et notamment Lucky Luke. Le cinéma était tellement important pour Goscinny qu’il a créé un studio d’animation et qu’il a produit des films.

Qu’est-ce qui t’a le plus amusé en préparant l’exposition ?
La scénographie, c’est-à-dire les décors. Par exemple, pour le Petit Nicolas, on a reconstitué une salle de classe et une cour de récré ; une salle égyptienne pour Astérix ; un saloon pour Lucky Luke… On a voulu que l’expo soit comme un album de Goscinny, qu’elle plaise aux adultes et aux enfants.

LE DEBRIEF

« L’exposition m’a donné envie de relire tous les Astérix. Ma salle préférée est celle où l’on voit les costumes du film Astérix et Obélix. Mission Cléopâtre. On peut se prendre en photo avec Astérix et aussi le dessiner. J’ai adoré les décors de l’expo, comme la salle de classe du Petit Nicolas. Frédéric Bonnaud est directeur, mais il est très sympa et il explique vraiment tout très bien. »


« Goscinny et le Cinéma. Astérix, Lucky Luke et Cie »,
jusqu’au 4 mars
à La Cinémathèque française