« C’est l’histoire de trois enfants qui pratiquent chacun un sport : le fleuret, la danse et le sumo. Le film est très réel et très instructif. Mon seul regret, c’est qu’ils auraient mieux fait d’alterner les trois personnages, alors que là ils sont à la suite. Mon histoire préférée, c’est la première, avec un garçon qui fait du fleuret. Avec lui, on voit bien qu’on gagne plus quand on a un sang froid. Ensuite, on demande à une petite danseuse une chose qui est carrément impossible : il faut une mémoire incroyable pour se souvenir de tous ces mouvements, c’est pour les gens d’au moins 30 ans. Le sumo est un sport un peu brusque, et ils ont des vêtements étranges ; on dirait qu’ils portent des couches-culottes. Je pense que c’est pour éviter d’avoir trop de sueur. À mon avis, il faudrait modifier les règles du sumo, parce que les combats sont un peu trop courts. À chaque fois, les enfants pleurent beaucoup, alors que ça n’est pas si grave. Le film montre que ça n’est pas bien de faire du sport tous les jours, les enfants ne sont pas heureux, ils ne sourient presque jamais. »

LE PETIT AVIS DU GRAND

Le très beau Graine de champion est le portrait de trois jeunes athlètes de haut niveau confrontés à leurs propres défaites. Il est peu probable que quiconque reste de marbre face aux larmes de l’impulsif bretteur danois, de la frêle danseuse russe ou du renfrogné sumotori nippon. Mais chaque échec s’accompagne de victoires humaines, façon de dire qu’au-delà de l’obsession de la compétition, l’intensité de ces épreuves permet aussi à ces enfants de grandir.


« Graine de champion »
de Simon Lereng Wilmont
et Viktor Kossakovsky
Les Films du Préau (1 h 23)
Sortie le 9 novembre
Dès 5 ans