Cela fait presque déjà dix ans qu’est sorti le premier album de Zombie Zombie, A Land for Renegades, consacré en 2008 comme l’un des dix meilleurs albums de l’année par le disquaire anglais Rough Trade.


Le disque surprenait par son mélange de sonorités électroniques et de batteries krautrock, à mi-chemin entre la musique de club et la musique de film, évoquant autant Can, John Carpenter ou Sun Ra que les écuries techno DC Recordings ou Cómeme. Le duo formé par Cosmic Néman (alors batteur de Herman Dune) et Étienne Jaumet (saxophone, métalophone, boîtes à rythmes, synthétiseurs) s’est depuis enrichi d’un troisième larron (Docteur Lori Schönberg) à la trompette et aux percussions. La sorte de pyramide que forment les trois musiciens sur scène a donc gagné en assise rythmique, mais aussi en détails et en textures. Leur nouvel album, Livity, poursuit cette quête d’une musique mutante, comme vivante, qui serait jouée par des hommes-machines. Et si c’est le DJ et producteur I:Cube qui a mixé l’album (gonflant les kicks pour le dancefloor, flirtant avec le space-disco), le trio a encore développé son style : une musique aussi dansante que planante, aussi répétitive que variée, aussi sensible que potentiellement anxiogène. Avec sa pochette dessinée par Philippe Druillet (l’un des fondateurs de Métal Hurlant), ce Livity sonne comme le krautrock des autoroutes de l’espace, l’exotica de planètes éloignées, la dance-music d’un club qui ne touche plus terre.


le 30 septembre
à La Marbrerie (Montreuil), dans le cadre
du Red Bull Music Academy Festival