(c) Xavier Lahache

(c) Xavier Lahache

L’adaptation très attendue de la trilogie de Virginie Despentes ne déçoit pas, portée par un Romain Duris étincelant en ex-figure du rock clochardisée. En même temps, qui  mieux que l’interprète de l’insolent Tomasi du Péril jeune de Cédric Klapisch pouvait incarner Vernon Subutex, ancien disquaire incontournable de la capitale désormais au chômage ? Le même, vingt-cinq ans plus tard, rattrapé par la crise, les excès, le temps qu’on n’a pas vu passer… Dès la première séquence, hirsute, clope au bec, en passe d’être expulsé de son appart, Duris EST le personnage des livres. Et le reste de la série réalisée par Cathy Verney et coécrite avec Benjamin Dupas est à l’avenant. Au gré des plans logement foireux que se cherche Vernon le crevard en remontant le fil de ses vieux amis Facebook, c’est tout ce milieu artistique parisien et toute la géniale galerie de quadras-quinquas abîmés que Despentes a peint dans sa trilogie qui prend fidèlement vie à l’écran sous les traits de Laurent Lucas, Philippe Rebbot ou encore Céline Sallette, impériale dans le rôle de l’emblématique fouille-merde la Hyène. Moins polyphonique, fatalement plus resserrée sur son héros, davantage linéaire dans son intrigue fil rouge autour du testament vidéo laissé 
à sa mort par le vieux pote de la bande devenu star, Alex Bleach, la série conserve intacte ce qui faisait la puissance des romans : sa férocité de ton et sa justesse d’observation. Avec en plus le luxe de pouvoir faire entendre en vrai la bande-son de cette génération. Forcément rock.


saison 1 en avril
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