«  Quand vous entrez dans l’atelier, c’est comme quand vous pénétrez dans un temple : vous devez respecter mon silence. » C’est ainsi que la photographe et cinéaste australienne Tracey Moffatt, 56 ans, a récemment expliqué au quotidien britannique The Guardian l’ambiance de travail qu’elle impose à ses assistants. Cette phrase aurait dû nous mettre en garde : Moffatt, alors en plein montage de son expo pour la biennale de Venise, n’a pas pu commenter ses images pour notre portfolio. Si l’artiste travaille sans bruit, c’est pour mieux parler des opprimés. Aborigène métissée adoptée par des Blancs, Moffatt questionne, dès ses premières œuvres (la série photo Something More ou le puissant court métrage Night Cries. A Rural Tragedy en 1989), le racisme, la misogynie et la complexité de la transmission culturelle, piochant ses inspirations formelles dans l’histoire du cinéma (Hitchcock, Pasolini, les films noirs des années 1940 ou les séries B des fifties). Coup d’œil sur des fragments de son œuvre, aussi vaste que passionnante.


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Up in the Sky #1 (photographie), 1997
Courtesy de l’artiste et de Roslyn Oxley9 Gallery, Sydney

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Up in the Sky #18 (photographie), 1997
Courtesy de l’artiste et de Roslyn Oxley9 Gallery, Sydney

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Invocations #5 (sériegraphie), 2000
Courtesy de l’artiste et de Roslyn Oxley9 Gallery, Sydney

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Photogramme tiré de Night Cries. A Rural Tragedy, 1989
Courtesy de l’artiste et de Roslyn Oxley9 Gallery, Sydney


« My Horizon » de Tracey Moffatt
Du 13 mai au 26 novembre à la biennale de Venise
Photo de couverture : Hell (photographie tirée de la série Passage), 2017
Courtesy de l’artiste, de Roslyn Oxley9 Gallery et de Tyler Rollins Fine Art, New York