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SPECTACLES: « Mon grand amour » de Caroline Guiela Nguyen et deux autres pièces à ne pas manquer

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En 2017, Caroline Guiela Nguyen bouleversait les festivaliers d’Avignon avec Saïgon, grande fresque de 3h45 s’attachant à redessiner, par le prisme familial, une histoire de la colonisation à cheval entre le Viêt Nam et la France, sur plusieurs générations. Issu d’un long processus de recherche et de collecte de témoignages qui l’a emmenée jusqu’à Hô-Chi-Minh-Ville avec sa compagnie des Hommes approximatifs, Saïgon prenait aussi – et surtout – le parti de l’émotion et du (mélo)drame, ce dont le théâtre contemporain français fait trop souvent l’économie. En parallèle, comme un pendant encore plus intimiste, la metteuse en scène a imaginé Mon grand amour, une petite forme pour un appartement. En tout petit comité, les spectateurs y suivent trois histoires qui ont lieu en même temps: à Bruxelles, une femme décide de quitter son mari; à Paris, un policier est licencié après une bavure; la troisième histoire, elle, n’est pas toujours la même. Fidèle à son envie de mettre en lumière des récits et des personnes que l’on n’entend et que l’on ne voit que trop rarement sur les scènes, Caroline Guiela Nguyen a choisi de confier ce dernier rôle à un comédien amateur rencontré dans la ville où la pièce est jouée. Avec Mon grand amour comme dans Saïgon, l’espace quotidien devient la chambre d’écho du bruit du monde, la violence politique se donne à lire dans les corps, et les trajectoires singulières tissent un récit pourtant commun – car ici ou ailleurs, les larmes ont toutes le même goût.

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L’ABSENCE DE PÈRE de Lorraine de Sagazan, du 26 au 28 juillet au Centquatre(2h15)

Lorraine de Sagazan s’est fait une spécialité d’interpréter et de réécrire les classiques du siècle dernier. Avec Démons (d’après Lars Norén), elle explorait les rapports de pouvoir amoureux. Avec Une maison de poupée (d’après Henrik Ibsen), elle interrogeait le machisme persistant. C’est vers Anton Tchekhov qu’elle se tourne aujourd’hui pour prendre à bras-le-corps la question de la reconnaissance sociale, à une époque où il devient urgent de redéfinir le concept de réussite.

D’APRÈS UNE HISTOIRE VRAIE de Christian Rizzo, du 31 juillet au 3 août au lycée Jacques-Decour (1h)

Comme son titre l’indique, l’envie de cette création vient d’un souvenir. À Istanbul, il y a désormais plus de dix ans, alors que le chorégraphe assiste à un spectacle, des hommes surgissent sur la scène pour improviser une danse folklorique. Pour Christian Rizzo et ses huit danseurs, pas question de reproduire ces pas, ni même de rejouer ce qui s’est produit: plutôt de chercher à retrouver et à partager la profonde émotion qui l’a saisie ce jour-là.

Crédit photo: Jean-Louis Fernandez

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