Les installations de Fujiwara s’attachent à la fétichisation de l’expérience individuelle, telle qu’elle est véhiculée par les médias de masse et les réseaux sociaux. Nous voilà d’abord enfermés pour quatre minutes dans une attraction conçue pour les parcs de loisirs, harnachés à un siège qui bouge dans tous les sens, face à un défilement de vidéos en caméra subjective glanées sur YouTube. Le réel vécu par procuration se transforme en divertissement des plus ambigus. On continue avec The Happy Museum, collection d’objets promus par des O.N.G., ici dénués de toute incarnation fonctionnelle. Au deuxième étage, nous sommes accueillis par des photographies grand format de Joanne, ancienne Miss Irlande du Nord et professeure d’arts plastiques, en quête d’une image «authentique» d’elle-même, pour faire oublier des photos topless qui ont brisé sa carrière. Le fossé s’accroît entre l’expérience du réel et son simulacre, entièrement conditionné par la société du spectacle. Jusqu’à culminer au troisième étage avec une représentation d’Anne Frank en figure de cire, scrutée par des caméras robotiques. Comble du malaise, le drame de la déportation se mue en une représentation dénuée de toute humanité. Glaçant.

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: « Révolution »
Jusqu’au 6 janvier à Lafayette Anticipation